GUERRIERS COMBATTANT
(Plaque en bronze de la collection de M. Carapanos.)
athlètes, rappellent cette difformité. Tout d'ailleurs dans notre marbre, la solide implantation de la tète dans un cou gros et court, l'ossature massive et carrée de la face, et jusqu'à l'inintelligence des yeux saillants et sans regard, convient bien à un athlète. La coiffure est beaucoup plus simple que dans la tète de M. Rampin; les cheveux, coupés très courts pour ne pas offrir de prise, sont simplement ramenés en avant. L'exécution présente au contraire, dans les deux morceaux, des ressemblances frappantes : les yeux, les lèvres, le nez, le
front, sont traités de même; mais, dans le second, la science de la forme est déjà un peu plus grande, la recherche de la vérité plus heureuse, et les qualités de fini et de délicatesse plus développées : il y a surtout, dans le modelé des joues, du menton et de la bouche une étude et une habileté étonnantes. Ces deux marbres, voisins par la date et étroitement apparentés par la facture, sont, à mon sens, avec un bas-relief du musée d'Athènes', les monuments les plus remarquables que nous ait laissés l'ancienne école attique. Ils nous la montrent préoccupée, dès l'époque de Solon et de Pisistrate, des mêmes tendances qu'elle aura toujours, et portant déjà en germe les qualités particulières qui distingueront plus tard, entre tous les sculpteurs grecs, les maîtres qui ne procèdent que d'elle, les Alcamène et les Praxitèle.
Ces qualités caractéristiques se retrouvent aussi dans une œuvre moins importante, mais intéressante encore, la petite tête athénienne d'Hermès, exposée par M. Armand. Suivant la tradition la plus ancienne, le dieu est représenté avec de longs cheveux bouclés et une barbe en pointe. Ici encore, les yeux sont saillants et obliques, mais l'occiput est moins développé; le modelé des joues et les contours de la bouche sont déjà presque irréprochables. La coloration a complètement disparu : dans les deux marbres précédents elle est, au contraire, très bien conservée : les cheveux sont rouges, les yeux cernés d'un trait de même couleur, les lèvres recouvertes d'une légère teinte rosée.
Mais ce qui attirait surtout l'attention, parmi les monuments de l'art du vi° siècle, c'est la merveilleuse série de bronzes archaïques que renfermait la collection de M. Carapanos.
Ce n'est pas ici le lieu de raconter par quelles patientes recherches le savant Hellène, passionné pour la gloire de l'Épire, sa patrie, est parvenu à découvrir l'emplacement de l'antique sanctuaire de Dodone-. Je ne puis non plus parler, avec les détails que justifierait leur importance, des inscriptions sur bronze et sur plomb qu'il a découvertes dans ses fouilles et qui jettent une si vive lumière sur l'histoire, les mœurs et les sentiments des anciens Grecs. Mais la série des œuvres d'art n'est pas moins nombreuse ni moins riche en pièces d'une haute valeur que celle des documents épigraphiques. Je décrirai brièvement les plus importantes, au fur et à mesure que j'arriverai à l'époque à laquelle chacune appartient, en renvoyant pour le reste au beau livre publié par
1. J\'o:iumcnts ■publiés p.ir l'Association pour Vcncourj^^mcii! des études grccjiics. 1877, p. 7.
2. Galette des Beiux-Arts, deuxième période, t. XVII, p. 473.
M. Carapanos lui-même et d'où sont extraits les dessins ici donnés'. On peut attribuer aux premières années du vi" siècle, sinon aux dernières du vu% un personnage assis, drapé dans le long manteau royal et la tête couverte du bonnet conique, qui semble avoir été la coilïure