FIGURE DE JUPITER TROUVEE AU VIEIL-EVREUX
(Musiîe d'Évreux.)
envoyé par le chef-lieu du département de l'Eure. M. Bonnin l'a fait figurer sur la planche XX de l'atlas de ses Antiquités romaines du Vieil- Évreux, édité en 1844. Notre vignette au trait en donne une idée assez exacte. Cette statue est, croyons-nous, contemporaine de Septime Sévère ou de ses successeurs immédiats.
Ainsi que nous l'avons dit tout à l'heure, la Gaule pourrait probablement revendiquer quelques-unes des œuvres mentionnées au § ni.
ii8 L'ART ANCIEN A L'EXPOSITION.
Nous n'oserions pourtant indiquer celles qui lui appartiennent en propre. La période d'un siècle, comprise entre la proclamation de Vespasien et celle de Commode, fut, pour elle, une ère de paix et de prospérité matérielle. D'une extrémité de son territoire à l'autre, elle se couvrit de monuments. Lyon, Autun, Bordeaux, Marseille, furent autant de centres intellectuels où fleurirent les arts et les lettres. La quantité des statues gauloises, remontant à cette époque, doit être considérable. Reste à savoir si beaucoup ont survécu, et à quels signes on les reconnaît.
Terrible fut, comme on le sait, la réaction chrétienne contre ce qui rappelait les anciens cultes. Les objets d'art de métaux précieux furent fondus pour être transformés en ex-voto, destinés aux nouveaux sanctuaires, où s'accumulèrent des richesses inouïes, pillées, à leur tour, à diverses reprises, et qui reçurent des appropriations nouvelles. Ceux de bronze périrent, en partie, par l'effet du luxe des cloches pendant le moyen âge. Il est telle de celles-ci dont la rotondité épaisse renferme la matière de plus d'un chef-d'œuvre fameux. Il a fallu que le nombre des productions artistiques, laissées par l'antiquité, fût immense, pour qu'il en subsiste de nos jours une quantité aussi considérable.
Une autre période de floraison relative fut celle de l'empire gaulois (258-273), contemporaine du premier essai effectif de rupture de l'unité romaine. En l'absence d'œuvres de grande dimension, à peu près introuvables, l'exposition rétrospective renferme nombre de monnaies et médailles de Postume, de Victorin et des deux Tetricus, d'un faire bien supérieur à celui des pièces frappées, à la même date, en Italie, et surtout plus romain. M. Jules Charvet a bien voulu nous permettre d'en faire graver deux en or, l'une de Postume, l'autre de Victorin, tirées des ses vitrines, qui fournissent la preuve irrécusable du fait que nous avançons.
La dernière figure gallo-romaine en bronze que nous ayons à indiquer est la Victoire du vi' siècle, de notre collection, type aussi laid que rarissime, d'un art qui n'a plus d'échelons à descendre. La gravure qu'en donne la Gaiette dispense de toute autre description. Un paysan du faubourg de Blois, appelé Vienne, l'a trouvé, en 1868, dans son jardin. Sa hauteur est de o™,34. Cette statuette rappelle les personnages féminins ailés qu'on voit au revers de certaines imitations des triens impériaux d'Anastase, de Justin et de Justinien, ayant servi de monnaies sous les premiers Mérovingiens. C'est bien là, d'ailleurs, la victoire appropriée aux aflfreux temps où elle a été modelée, telle que la
comprenaient les compagnons barbares de Clovis : une sorte de vampire, pesant de tout son poids sur le vaincu. Palme et couronne, attributs dont notre figurine était originairement pourvue, sont tombées des mains informes du monstre.
Puisque nous avons mis le pied sur le domaine de la numismatique, mentionnons, en passant, les principales collections de monnaies