‹ L'art ancien à l'Exposition de 1878Chapitre 34 sur 161 · PERSONNAGE FEMININ DE LA TRAGEDIE ANTIQ^UE · texte numérisé non relu

PERSONNAGE FEMININ DE LA TRAGEDIE ANTIQ^UE

(Ivoire de la collection de M. Beniamiii Fillon.)

Avant d'être romanisé, l'art gaulois avait eu des allures indépendantes. L'influence grecque s'y faisait sentir; mais la parenté commençait à devenir peu apparente. Le souvenir des expéditions militaires pour aller ravir les trésors des temples helléniques s'était déjà perdu. 11 s'était créé, dans les deux derniers siècles avant notre ère, un style

I. D'autres moulages d'inscriptions romaines, empruntées au musée de Saint-Germain, ojit été placés, par les soins de M. A. Bertrand, dans le vestibule du rez-de-chaussée.

ii6 UART ANCIEN A L'EXPOSITION.

plein de mouvement, que les monnaies nous font connaître. Les collections numismatiques exposées par M.. Charles Robert, membre de l'Institut, et par M. Changarnier (de Beaune), sont, à ce point de vue, utiles à consulter. Ce dernier amateur nous montre particulièrement un statère de Vercingétorix, à tête casquée, que feront bien d'examiner les sculpteurs désireux de créer enfin une image vraisemblable de Tillustre vaincu d'Alaise.

Le trésor de Neuvi, envoyé par le Musée d'Orléans, offre un précieux ensemble de spécimens d'un autre ordre. Comme toutes les accumulations d'objets formées dans des sanctuaires religieux, celle-ci présente

un écart de plusieurs siècles entre quelques-uns des ex-voto qui la composent. II en est d'antérieurs à la conquête, témoin le cerf de style archaïque, monument du plus haut intérêt, que nous reproduisons. Les sangliers, grands et petits, exécutés au repoussé, sont, eux aussi, assez anciens, moins pourtant que le cerf. Le grand cheval, exposé à côté, a été fondu très longtemps après.

Plusieurs des statuettes d'hommes qui accompagnent ces animaux ont, à défaut d'autre mérite, celui de nous dire où en était alors l'art dans ces

CERFARCHAIQ^UE.

régions , et de nous conserver les costumes des

(Musée d'Orléans.)

Carnutes sous l'empire'.

Les nombreuses représentations de sangliers que renferme le trésor de Neuvi, indiquent assez en quelle considération était, chez nos ancêtres, cet habitant des forêts de chênes, dont ils avaient fait leur symbole national". Plusieurs autres apparaissent dans les vitrines des exposants. La plus belle, quoique mutilée, découverte aux environs de Luxembourg, appartient maintenant à M. Julien Gréau. Elle a été publiée en 1817 par Grivaud de la Vincelle. Il ne faut pas oublier non plus la laie, recueillie à Cahors et prêtée par le Musée de Saint-Germain. Toutes les parties de la Gaule ont fourni quelques-unes de ces représentations.

1. Voir Mémoires de lu Sociécé urchéolo^ijiu de l'Orlejnais, t. IX.

2. Signalons, à ce propos, une enseigne de bronze, représentant un smglier, et une seconde, où se voit un cheval libre, autre symbole gaulois, qui se trouvent dans la section espagnole de l'exposition anthropologique. Ces enseignes sont d'une époque très basse et mériteraient d'être étudiées avec soin. Nous les signalons à l'attention des archéologues. Ne les ayant vues que de loin, nous ne pouvons émettre une opinion sur leur âge véritable.

Notre ami, M. Dugast-Matifeux, en a longtemps possédé une, d'un travail très fin, trouvée à Saint-Georges-de-Montaigu, en Vendée.

Plus rares sont les figures humaines et leurs réductions d'une origine gallo-romaine incontestable. Nous ne serions pas éloignés de ranger, dans cette catégorie, le Jupiter sorti des ruines du Vieil-Évreux,

Page 1