EUGENE PIOT
laf^x
igo L'ART ANCIEN A L'EXPOSITION.
auxquels elle a adjoint un certain nombre de collaborateurs nouveaux.
M. Rayet a commencé par Tétudc des monuments de l'antiquité grecque, qui lui est si familière. M. Benjamin Fillon, qui, parmi ses passions de collectionneur éclairé, a celle des antiquités mérovingiennes, a bien voulu se charger de tout ce qui regarde les transformations de l'art en Occident, depuis le commencement de notre ère jusqu'à l'avènement des Carolingiens. M. Eugène Piot, dont le goût pour l'art italien du xv° siècle se montre dans tout ce qu'il a possédé et possède encore, apprécie cet art dans le marbre et dans le bronze avec la haute compétence que chacun lui reconnaît.
Les armes et les armures sont revenues de droit à M. E. de Beaumont.
Quant au reste, ou du moins à une grande partie du reste, les arts de l'Orient exceptés, qui sont parcourus par MM. Henri Lavoix, Arthur Rhoné, etc., c'est à nous qu'on en a imposé le fardeau.
Qu'on veuille bien excuser les redites s'il nous arrive d'y tomber, lorsque nous traiterons de matières dont nous avons déjà eu l'occasion de parler; mais qu'on nous pardonne surtout si nous sommes long et superficiel tout ensemble. Le sujet est si vaste dans sa diversité que c'est le cas de suivre le précepte des gens sages : « Glissez, critiques, mais n'appuyez pas. »
Nous commençons donc sans autre préambule, suivant la classification par matières et l'ordre chronologique dans chaque division.
La collection Basilewsky, si riche en ivoires qu'elle permettrait à notre collaborateur M. Benjamin Fillon d'étudier à l'aide des pixydes chrétiennes qu'elle possède, la sculpture contemporaine de nos mérovingiens, se complète à partir de l'époque carolingienne par les apports de MM. Castellani, Stein, Maillet du Boullay et divers.
D'un feuillet de diptyque assez barbare, qui lui appartient, plutôt ciselé que sculpté, et que nous attribuons au vni" siècle, plaque dont les trois registres représentent le Péché originel^ l'Arche et le Sacrifice d'Abraham, nous rapprochons les quatre évangélistes de M. Stein, d'un dessin également barbare, que leurs inscriptions nous montrent exécutés par un Latin. Les enlacements des tiges qui serpentent sur le fond nous semblent une imitation de ceux dont on a prétendu orner les lettres initiales des manuscrits de cette époque.
Il faudrait peut-être reculer jusqu'au même temps une plaque de
reliure appartenant encore à la belle collection de M. Stein, où le Christ* dans sa gloire, imberbe et portant la croix résurrectionnelle, ce qui n'est point habituel dans ces sortes de représentations, est placé entre les quatre symboles évangéliques. L'inscription suivante, en lettres en relief, est tracée dans le bas de la plaque : ob amor es radegid fier rogaviT, qu'on doit lire : Ob amorem cnicis Radegid fieri rogavit. Radegid est un nom gaulois et les o de l'inscription sont des losanges qui appartiennent à l'épigraphie de ces époques reculées.
Une plaque exposée par M. Castellani nous intrigue vivement à cause du costume des personnages quelle met en scène et qui ne sont autres que le premier assassin et la première victime. A gauche on voit Gain et Abel allumant chacun leur bûcher sous la main de Dieu qui bénit celui du second. A droite Gain étrangle son frère renversé à terre. Puis il fuit, chassé par Dieu qui apparaît en buste dans les airs.
L'œuvre est byzantine, car la main de Dieu, dans la première scène, bénit à la façon grecque. Elle est d'époque très reculée, car le nimbe de Dieu dans la seconde est uni au lieu d'être croiseté. Mais quels costumes étranges portent les deux fils aînés du premier homme? Ils sont presque vêtus comme les acteurs du cirque. Un justaucorps épais, sorte de cuirasse descendant à la ceinture, par-dessus une tunique relevée sur chaque cuisse, des braies en spirale, et des chausses ainsi que des chaussures maintenues par des bandelettes. Point de coiffures et des cheveux crépus.
Notons que le chapiteau de la colonne qui sépare les deux scènes est orné d"une feuille qui descend de l'abaque, au lieu de monter de l'astragale.
Tout ceci est étrange. Plusieurs ivoires du même genre seraient dispersés en Italie, proviendraient d'un ambon de la cathédrale de Salerne et seraient des œuvres normandes.
Nous classerons à la suite toute une réunion de boîtes telle que nous n'en avons pas encore rencontré de pareille. Toutes montrent le même caractère de décoration, et doivent être attribuées à l'art byzantin d'après les inscriptions qui, sur plusieurs, expliquent les sujets qui y sont représentés.
Toutes sont formées d'ais en bois revêtus de plaquettes d'os ou d'ivoire encastrées dans des bandes ornées soit d'une succession d'anneaux jointifs encadrant des rosaces à pétales aigus, ou une rosace et une tête de profil alternées, têtes d'un caractère tout particulier, au
front fuyant et à la chevelure crépue que Ion retrouve parfois dans les grandes majuscules et les encadrements des manuscrits carolingiens.
M. A. Basilewsky possède trois de ces boîtes à couvercle en pyramide tronquée, dont les plaques représentent des combats de cavaliers, des jongleurs ou des jeux de cirque. Nous les attribuons à l'art grec du vnr- au ix" siècle. Celle dont Texécution est la plus soignée et que nous reproduisons ici, est attribuée au ix' siècle par M. J. Labarte qui y voit, dans le guerrier asiatique de Tune des plaques, un souvenir des guerres de Basile le Macédonien en 872.
Des cinq autres coffrets, qui sont rectangulaires avec couvercle
ZJ^^^^^^^^^^^s^^^^'^^-^Si^^sis^^ismm^i^^iimM
nf H^^sjgggs^BgsggjigsiaessrSi'Sssgj . 1
ï»ji^^Sr«u:.:.-.îâ!i*#*rv«M'J
EÇii'^ç^îyw»^pÇi