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LA PIERRE

Les œuvres de pierre, étant généralement encombrantes, sont rares et ne consistent qu'en quelques figures de moyennes dimensions.

La plus ancienne est celle d'un homme sculpté sur une voussure d'archivolte qui provient d'une église de Bourges, exposée par M. Fahre.

L'homme, vêtu de la tunique, des chausses et du manteau du xi' au xn'' siècle, y est représenté sous une sorte d'astre, dans un encadrement qui porte une inscription pseudo-arabe.

La facture des plis chiffonnés circulairemcnt est bien particulière à l'école des imagiers du centre de la France, développée, suivant M. E. VioUet-le-Duc, sous l'influence de Cluny.

A la même époque appartient un saint Pierre portant le simulacre d'une église, provenant d'Autun et exposé par M. Bulliot, le savant et persévérant explorateur de la cité gauloise du Mont-Beuvray. La façon d'indiquer les cheveux et la barbe par mèches affolées est bien particulière.

Le même M. Bulliot a également envoyé d'Autun une "Vierge d'assez grandes proportions regardant avec tendresse l'enfant Jésus, qu'elle tient emmaillotté de bandelettes, couché sur ses bras. L'attitude n'est pas traditionnelle et dénote une influence nouvelle; aussi avons-nous peine à croire que cette œuvre soit contemporaine de l'église d'où elle provient et qui est celle de Notre-Dame du Château, bâtie par le chancelier Rolin au milieu du xv'' siècle.

Une autre Vierge, exécutée dans les dimensions de la demi-nature, appartenant à M. J. Gréau, dénote un art particulier, encore gothique par les draperies, mais inclinant vers la Renaissance par l'air des têtes et certains ajustements. Jamais au moyen âge on n'eût représenté la 'Vierge .tête nue avec les cheveux tombant en longues ondes, et nous n'en connaissons pas qui porte l'Enfant sur le bras droit.

Cette même lutte se reconnaît dans une figure de saint Jacques, debout, appuyé de la main droite à son bâton de pèlerin, et tenant de la gauche l'Évangile appuyé sur sa cuisse. Cette figure, exposée par M. J. Gréau, appartient à l'art champenois dont Troyes est le centre,

LE BOIS SCULPTE AU TROCADÉRO. 2i3

qui, après l'incendie de la ville en i5i2, fit invasion parmi les réédifications de la ville, apporté de Cologne par des artistes picards, à ce qu'assurent des documents.

Afin de montrer l'histoire de cet art, M. Julien Gréau avait apporté plusieurs bas-reliefs provenant de l'abbaye de Larrivour et exécutés par Jacques Julyot, que le défaut de place n'a pas permis d'exposer. Mais le Trépassement de la Vierge, exécuté en iSyg par son élève probable, François Gentil, né aux Riceys, indique bien quel est le style énergique et maniéré de cette école, dont la main est en même temps si habile. Une de ses sculptures, que nous donnons, indique assez quelle est sa manière.

Une figure d'évèque assis, remarquable par la large simplicité des draperies et l'énergie du mouvement, et une figure de sainte Femme au tombeau, provenant de Chaurnont, appartenant toutes deux à M. J. Gréau, complètent les spécimens de la sculpture troyenne pendant la seconde moitié du xvi" siècle.

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