Arrien, L. VI, ch. 2 y
3. J’engage les personnes qui voudraient consulter Strabon ou Arrien à avoir recours au texte grec, les mots techniques étant généralement mal interprétés. Ainsi, le mot grec du texte ( tectum , toiture), qui s'applique surtout à des toitures plates telles que le pont d'un vaisseau, est ù tort rendu par voûte dans les traductions françaises. Ce même mot de n- i-/Y) est exactement appliqué dans le sens que je lui donne par tous les auteurs grecs. Pausanias (Elid., XX), en parlant du cadavre d’un soldat retrouvé entre le plafond décoratif et le voligeage d’un temple, a employé, pour ces deux surfaces planes, ce même mot de ersy/j.
4. Cette inscription me semble authentique et paraît avoir été paraphrasée par Darius dans son testament , Voir la traduction de ce dernier texte dans Ménant, les Achéménides).
L’Art antique de la Perse.
Cette description fort bien faite dépeint en termes clairs et précis un édifice semblable à ceux de Nakhchè-Roustem et de Madérè-Soleïman. Je n’entends pas dire que l’une de ces tombes fût le tombeau de Cyrus, il me semble impossible d’identifier la vallée du Polvar-Roud ou la plaine de la Merdach avec le site de Pasargade (Pysyakada), et, d’ailleurs, il n’existe dans aucun de ces deux édifices de chambres de garde à l’usage des prêtres chargés de l’entretien du tombeau; mais ce qui paraît certain, c'est que la tombe de Cyrus et les deux tours funéraires étaient élevées sur le même modèle.
L’étude comparée des monuments de Nakhchè-Roustem et de Madérè- Soleïman nous a fait connaître leur âge et leur destination; demander en outre à ces édifices de nous livrer le nom des rois dont ils abritaient les dépouilles serait peut-être téméraire : les auteurs grecs, seuls, peuvent fournir des renseignements à ce sujet.
La famille de Cyrus était peu nombreuse : à l’exception de son père et de ses deux fils, Cambyse et Smerdis (Bardiya), il n’est fait mention d’aucun autre prince du sang. Smerdis fut tué par son frère et sa mort tenue secrète; Cambyse mourut en Syrie, au retour de l’expédition d’Égypte, et il est peu probable qu’à la suite de la révolution suscitée par le mage Gaumata on ait songé à transporter le corps du roi dans sa patrie.
Ce tombeau serait donc celui du père de Cyrus, tué à la première bataille livrée aux troupes d’Astyage 1 . Il est même à peu près certain qu’il fut élevé au lieu précis où Cambyse Ier trouva la mort.
i. On ne peut douter aujourd’hui que Cyrus se révolta contre Astyage. On retrouve, en effet, dans les textes babyloniens un résumé succinct de tous les faits rapportés par les historiens grecs.
Il est même intéressant de comparer aux récits concordants d’Hc:rodote et de Nicolas de Damas les traductions données par M. Pinches d’une tablette de Cyrus et d’un cylindre de Nabouhanid ( Transactions of the Society of Biblical Archeology , vol. VII, 1880, p. 130-176, et Proceedings of the Society 0 f Biblical Archeology, Session 1882-1883, p. 7).
La tablette babylonienne dont la traduction a été donnée par M. Pinches en 1880, est malheureusement fort mutilée : la première colonne est à peu près illisible , et il en est de même des premiers mots de la seconde; néanmoins le reste du texte est assez complet pour offrir un sens suivi.
Cyrus, après avoir raconté sans doute les premières phases de l’insurrection, ajoute :
« Astyage (Istumegu) rassembla son armée, et il marcha contre Cyrus, roi de la ville d’Ansan, pour le
capturer, et (quelques mots manquent) l’armée d’Astyage se révolta contre lui, elle le fit prisonnier
(littéralement, le prit avec ses mains) et le livra à Cyrus. Cyrus se dirigea vers le pays d’Agamtama (Ecbatane), la royale cité, prit l’argent, l’or, les trésors, et emporta du pays d’Ecbatane dans le pays d’Ansan les objets et les richesses qu’il avait pillés. »
D’autre part, Nabouhanid, l’avant-dernier roi de Babylone et le contemporain de Cyrus, s’exprime ainsi au même sujet :
(Il s’agit d’un songe envoyé au roi parMarduk afin de lui faire connaître le châtiment qu'encourront les Mèdes pour avoir renversé les autels des dieux d’Assyrie. Le passage étant du plus haut intérêt historique, je le donne tout entier. La traduction complète du cylindre été publiée par M. Pinches à la fin de 18S2.)
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
La plaine de Méched-Mourgab (PI. II), située en avant de défilés étroits et tortueux qui commandent l'entrée du Fars et que l’on est absolument forcé de franchir pour pénétrer dans cette région en venant d’Ecbatane, était effectivement pour les Perses un champ de bataille très favorable et un point stratégique d’une telle importance que les révoltés durent, même au prix des plus grands sacrifices, en disputer la possession aux armées mèdes envoyées pour les réduire : car, ces passes franchies, les envahisseurs ne rencontraient plus de positions où il fût aisé de les arrêter et devenaient, par ce seul fait, maîtres du Fars. Cette présomption logique est pleinement confirmée par le récit que nous a laissé Nicolas de Damas 1 du combat où furent définitivement défaites les troupes d’Astyage 2. On est donc
« Dans le commencement de mon long règne, Marduk, le grand Dieu, et Sin, l’illuminateur du ciel et de la terre, le fortifiant de l’univers, m’apparurent en songe. Marduk parle avec moi. « Nabouhanid, roi de Babylone, monte sur ton char, bâtis les murs de Ê-hulhul et rétablis le siège de Sin, le grand seigneur qui séjournera en ces lieux. » Je répondis avec respect au dieu Marduk : « Je rebâtirai le temple dont tu parles, le roi des Mèdes (l’Urwanda, d’après la lecture de M. Oppert) l’a détruit, violente était sa puissance. » Marduk parle avec moi. « L’Urwanda dont tu parles, son royaume, les rois ses alliés, n’existeront plus bientôt. En la treizième année, il a eu des difficultés avec Cyrus, roi du pays d’An^an, son jeune vassal. Ce dernier est venu avec une petite armée, a capturé Istumegu (Astyage), roi de l’Urwanda, a pris ses trésors et son royaume. »
Beaucoup d’auteurs se sont étonnés que Cyrus ait eu recours à l’insurrection pour devenir roi de Médie, puisque du chef de sa mère il devait hériter de la couronne. On tranche bien aisément une grave question de succession. Les Mèdes n’auraient pas accepté sans révolte de devenir les sujets des Perses, leurs anciens vassaux, et la caste sacerdotale surtout n’aurait pas permis à un prince pratiquant une religion distincte de la religion mède de monter sur le trône. Au cas, d’ailleurs, où les Mèdes eussent été forcés de subir cette humiliation, la couronne fût échue à la branche aînée des Achéménides, qui paraît avoir été la branche de Darius (Voir note 2, p. 59).
1. Nicolas de Damas, historien et philosophe péripatéticien, vivait dans le Ier siècle avant notre ère. 11 est l’auteur d’une Histoire universelle en 144 livres, dont quelques extraits nous ont été conservés par Photius , le célèbre patriarche de Constantinople. Le chapitre consacré à Cyrus est intitulé : n-pi Kùpou jîstîAsw; TUpsüv yyi -xîpi yaTccjri'y-u; r/j; tmv Mviôeov ft; i lépta; ( Edition Muller, fragmenta, vol. III , p. 401).
Nicolas de Damas paraît avoir puisé, pour composer cette partie de son histoire, à d’excellentes sources.
2. Le texte grec est un peu long; je n’hésite pas néanmoins à en donner un résumé, tant il me paraît intéressant. L’historien grec rapporte d’abord que Cyrus, ayant levé l’étendard de la révolte, fut mandé à la cour d’Ecbatane. Il battit le parti de cavaliers chargé de le capturer, et, à la nouvelle de l’arrivée des Mèdes, organisa son armée avec l’aide de son père et d’un certain Ebarc, «homme sage et prudent dans lequel il avait mis toute sa confiance ».
Après avoir incendié et détruit toutes les villes placées sur le trajet que devaient parcourir les envahisseurs, il ramène en arrière la population, s'enferme dans des camps retranchés et fait également fortifier et occuper les déjilcs des montagnes par lesquelles les Mèdes pouvaient pénétrer en Perse, et les sommets qui commandaient l'entrée des passes. Au premier choc, les Mèdes sont repoussés. Astyage, assis sur un trône élevé, domine le champ de bataille. « Se peut-il, s’écrie-t-il en proie à une violente colère, que ces mangeurs de pistaches se conduisent avec tant de courage ? Malheur à mes généraux s’ils ne triomphent pas des révoltés! »
Cependant, accablés par le nombre, les Perses sont forcés de battre en retraite et de s’enfermer dans le camp retranché devant lequel ils combattent. Cyrus pénètre avec les derniers de ses compagnons d’armes dans l’enceinte fortifiée, rassemble aussitôt scs soldats et leur adresse la parole :
« O Perses, voici votre sort : si vous êtes vaincus, vous serez tous massacrés; si vous ôtes victorieux, vous cesserez d’être les esclaves des Mèdes, et vous conquerrez le bonheur et la liberté. »
en droit de supposer que le tombeau princier érigé sur le champ de bataille où s’était livré l’engagement décisif qui assurait à Cyrus l'empire Iranien, et sur le lieu même
Il leur représente également, afin de ranimer leur courage , qu’ils ont fait un grand carnage des Mèdes et leur recommande d’envoyer pendant la nuit les femmes et les enfants sur la plus haute montagne du pays, nommée Pasargade.
Au lendemain, les portes du camp étant ouvertes, le jeune général confie la garde des retranchements à son père et aux soldats les moins jeunes, et, suivi d’Ebare, se précipite au combat.
Le sort de cette deuxième journée devait être funeste aux Perses. Un parti mède qui a déborde l’aile droite des révoltés marche sur le camp retranché, l'enlève de haute lutte, fait prisonnier le père de Cyrus, et l’amène percé de coups au roi d’Ecbatane.
« Ne me tourmente pas, lui dit le captif, mon âme va s’échapper de mon corps.
— C’est contre ton avis, je le sais, répond Astyage, que Cyrus s’est révolté; je ne saurais te reprocher les crimes de ton fils. Meurs en paix, je te ferai faire des funérailles dignes de ton rang. »
Pendant ce temps, les envahisseurs, maîtres de la plaine, cherchent à gravir les sentiers qui conduisent au sommet de la montagne Pasargade.
Ebare a compris le danger que courent ses compatriotes. Traversant des gorges à lui seul connues, il se porte avec mille hommes au-devant des ennemis, tandis qu’Astyage , informé de la manœuvre exécutée par le général perse, donne l’ordre à vingt mille combattants de tourner la montagne; mais à peine essayent-ils de s’engager dans les défilés qu’ils sont accueillis par une grêle de pierres, que les troupes préposées à la garde d’un plateau situé au-dessous du mont Pasargade, font rouler sur les flancs escarpés des rochers. Après deux jours de repos, les Mèdes, qui s’étaient précédemment emparés des points les plus bas de la montagne, tentent un suprême effort et s’élancent à l’assaut des positions ennemies. Les Perses, surpris par cette brusque attaque, déploient une extrême bravoure, mais fléchissent sur tous les points. Refoulés lentement par les envahisseurs, ils remontent en combattant les pentes qui conduisent au sommet du mont Pasargade, quand accourent au-devant d’eux leurs femmes et leurs mères. Elles lèvent leurs robes et, découvrant impudiquement tout leur corps :
« Jusqu’où voulez-vous fuir, lâches guerriers? voulez-vous vous réfugier dans ces ventres d’où vous êtes sortis? »
Saisis de honte, enflammés d’un terrible courroux, les Perses reviennent au combat, et font de leurs ennemis un terrible carnage. Après des revers suivis de retours de fortune, la lutte, longtemps indécise, se termine enfin par la déroute des armées d’Ecbatane.
Cyrus, victorieux, entre dans la tente du roi mède et s’assied sur le trône de son ancien suzerain. Les Mèdes étaient vaincus, mais quatre hommes surtout avaient rendu leur défaite irrémédiable. C’était d’abord Artasyras, satrape d’Hyrcanie, qui fit défection avec cinquante mille hommes et rendit hommage à Cyrus. A la suite du général hyrcanien se présentèrent les chefs des Parthes, desSocares et des Bactres.
Quant à Astyage, se voyant abandonné de tous les siens, il vint à son tour trouver Cyrus, qui l’accueillit avec honneur et le retint son prisonnier.
Tel est le récit de Nicolas de Damas. Les faits les plus saillants, tels que la révolte de Cyrus, la défaite des Mèdes, la trahison finale des troupes d’Astyage, sont confirmés par les Histoires d’Hérodote et les deux inscriptions de Cyrus et de Nabouhanid, roi de Babylone, exhumées des fouilles de cette ville. ( Leur texte a déjà été donné, note i, page 22.) 11 n’est pas jusqu’au nom du général transfuge Artasyras (Arpacouras) qui ne soit peut-être une forme du nom d’Harpage attribué par Hérodote au chef qui trahit le roi des Mèdes en faveur de Cyrus.
Etudions la version de l’historien grec au point de vue géographique. On constate tout d’abord que la bataille se livre dans une plaine limitée au sud par de hautes montagnes traversées par un défilé très étroit, et que le pic le plus élevé de la région se nomme Pasargade dans les extraits très mutilés de l’histoire de Nicolas.
Ce point est essentiel à constater, surtout si l’on rapproche ce renseignement d’un passage de Strabon, où ce géographe désigne également sous le nom de Pasargade la ville fondée par Cyrus sur l’emplacement même où il avait vaincu les Mèdes (Voir page 1, note 26).
11 était du plus haut intérêt de déterminer exactement les champs de bataille où se produisit le choc des Aryens du Sud et du Nord ( PI. I et 11 ).
Après avoir parcouru le pays à peu près dans tous les sens, je n’ai trouvé que deux plaines répon-
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
où son père avait succombé en combattant pour l’affranchissement de son pays, est bien celui de Cambyse. Quant au roi, désireux de répondre à des scrupules religieux et nationaux, et peut-être aussi d’affirmer sa noblesse et sa double qualité d’Achéménide et de Perse, il choisit, au contraire, pour le lieu de sa sépulture Pasargade, la ville sainte, où avaient régné et où reposaient les premiers rois de sa race.
Le jeune souverain dut être vivement frappé par la situation de ia plaine du Polvar. Cette vallée était le seul point des frontières de la Perse qui fût ouvert aux invasions descendues du Nord. 11 importait de le fortifier d’une manière permanente, car il était sage de prévoir que les Mèdes, après leur défaite, tenteraient de se révolter et de reconquérir leur indépendance.
Aussi s’empressa-t-il de profiter du glorieux prétexte que lui offrait une victoire illustrée par la mort de Cambyse pour abandonner, sans blesser les susceptibilités nationales, les vieilles capitales du Fars et fonder autour de la tombe de son père une place forte d'où il pût à la fois surveiller ses nouveaux sujets et défendre son ancien royaume.
L’identification du site de Méched-Mourgab serait définitivement acquise, si Strabon, en rapportant également que Cyrus éleva sa capitale sur le lieu même où
dant exactement à la description de Nicolas. L’une est la plaine de Firouzabad, située au sud-est de Chiraz; l’autre, la vallée du Polvar ou de Méched-Mourgab, au nord-ouest de Persépolis. Elles sont toutes deux arrosées par un cours d’eau, cette circonstance est essentielle à noter, au bord duquel les armées ennemies pouvaient camper, et s’appuient toutes deux à une haute chaîne de montagnes traversée par un étroit défilé. Le choix entre ces deux situations ne peut être douteux. Les défilés de Firouzabad ferment la Perse aux armées venues des Indes, mais la gorge du Polvar est la seule porte par laquelle une armée descendant du nord vers le sud puisse entrer dans le Fars. La bataille aurait donc été engagée sur l’emplacement occupé par le village moderne de Madérè-Soleïman. Ce fait me paraît d’autant plus incontestable que si l’on examine la carte détaillée des environs de Méched-Mourgab et de la montagne, on constate qu’il existe sur la rive gauche du Polvar un sommet élevé A, qui domine la plaine et l’entrée de la gorge du Polvar, et sur la droite du pic un plateau B moins élevé que le sommet A, séparé de ce dernier par un sentier à peine praticable. On peut, à l’aide de ce plan, restituer toutes les phases du combat.
Le premier choc a lieu dans la plaine, en avant des gorges du Polvar-Roud. C’est dans la plaine également que se trouve le camp retranché dont la défense est confiée à Cambyse.
Le mont Pasargade est le sommet A situé sur la rive gauche du fleuve. Quand les Perses ont perdu leurs premières lignes de défense, ils battent en retraite et occupent les retranchements préparés dans la montagne et le plateau B.
Désespérant de prendre de front ces fortifications, Astyage s’engage dans la gorge. Il est arrêté dans la préparation de ce mouvement tournant par les troupes placées sur le plateau B, qui font rouler des quartiers de rocs sur la tête de ses soldats. Comprenant alors qu’il n’aura raison de la résistance des révoltés qu’en occupant les positions élevées qui commandent l’entrée des gorges, il lance, après avoir fait reposer ses troupes pendant deux jours, une nouvelle colonne d’assaut contre les troupes ennemies.
Les Perses sont d’abord refoulés, puis enfin, revenant au combat, repoussent à leur tour la tentative d’escalade. Je ne pense pas qu’il puisse exister un plus parfait accord entre la description d’un combat et la carte d'un champ de bataille.
il avait vaincu les Mèdes1, ne plaçait dans cette ville, désignée par lui sous le nom de Pasargade , le tombeau du fondateur de la monarchie perse.
Cette dernière affirmation est d'ailleurs sans importance : il y a dans ce passage du géographe grec une contradiction évidente qui provient d'une confusion de noms au sujet de laquelle je vais m’expliquer.
M. Oppert2 voit dans Méched-Mourgab et Madérè-Soleïman les ruines de la ville de Marrhasium, dont les coordonnées données par Ptolémée3 ont avec celles de la plaine du Polvar les plus singulières analogies. 11 est possible, en effet, que la capitale de Cyrus ait été fondée sur le territoire de la tribu des Marafioï4, une des trois tribus nobles de la Perse et qu'elle ait conservé de cette situation un nom que Ptolémée traduisit par Marrhasium ; mais je suis persuadé qu’en outre de cette qualification elle eut, comme toutes les grandes cilles delà Perse, un surnom ou un titre et que cette seconde appellation fut Pasagarde ou Pasadjarde, dans laquelle on retrouve le sens de ville fortifiée, district fortifié, si bien approprié à la cité nouvelle. Il lui aurait été donné en commémoration du camp retranché élevé dans la plaine du Polvar et des fortifications construites dans les montagnes au pied desquelles était venu échouer l’effort des armées d’Ecbatane, ou bien encore, parce que Cyrus avait fait de cette ville une place forte destinée à fermer l’entrée des défilés. Par conséquent, la capitale signalée par le tombeau de Cyrus, et connue des Grecs sous le nom de Pasargade, serait la cité que les Perses appelaient Pysyakada : elle était située dans le territoire de cette tribu des Pasargade d’où sortait la famille royale des Achéménides 5 et servit de résidence à Achéménès etTheïspès, les premiers rois du Fars, tandis que la moderne Méched-Mourgab aurait été fondée sur les terres des Marafioï et aurait porté, en outre de Marrhasium, le nom ou le titre de Pasagarde.
Les consonnances à peu près identiques de ces appellations ( Pasargade ,
1. Strabon, XV, 3, § vin. La grande vénération de Cyrus pour Pasargade venait de ce qu'il avait livré sur l’emplacement de cette ville la dernière bataille dans laquelle le Mède avait été vaincu. C était pour consacrer cette victoire et le souvenir de cet événement qu’il avait fondé la ville et bâti le palais de Pasargade.