Hérodote, I, 12a; IV
3. Consulter, au sujet de l'antiquité de la famille des Achéménides et de la noblesse de la tribu des Pasargade, de laquelle elle faisait partie, Hérodote (I, 1 2 5) .
PREMIERE DYNASTIE ACHEMENIDE.
Pasagarde ) données à des villes différentes expliquent les erreurs dans lesquelles sont tombés les auteurs anciens en rapportant à Pysyakada, capitale de la tribu des Pasargade et Tune des villes les plus connues de la Perse, les faits relatifs à l’histoire des autres Pasargade 1 ou Pasagarde.
Quant au silence que les historiens de l’expédition d’Alexandre gardèrent sur Marrhasium, il ne peut nous surprendre; il doit être attribué au peu d’importance que les Grecs attachèrent à une place forte à peu près abandonnée et démantelée depuis la fondation de Persépolis, et que ne signalaient d’ailleurs à leur attention ni sa sainteté, ni l’antiquité de son passé historique, ni ses monuments, fort simples en comparaison de ceux du Takhtè-Djemchid.
En tout état de cause et quelque soit le nom ancien de Méched-Mourgab, il est impossible que la Pasargade à laquelle fait allusion Strabon dans le récit de la révolte de Cyrus, et la Pasargade, la ville sainte des Achéménides, où se trouvait le tombeau de Cyrus, soient une seule et même ville, car l’origine de l’ancienne capitale du Fars remontait fort au delà de la défaite d’Astyage. Comme, d’un autre côté, on ne peut admettre que le sommet2 nommé Pasargade par Nicolas soit un des pics des montagnes situées dans la région de Darab, on est forcé d’identifier la plaine du Polvar avec le champ de bataille où les Perses enlevèrent aux Mèdes l’hégémonie de l’Iran, et Méched-Mourgab avec la ville fondée par Cyrus en ce point.
La seconde tour funéraire, celle de Nakhchè-Roustem, se distingue du monument de Méched-Mourgab par l’appareil de la façade. Les pierres ne sont pas montées par assises réglées comme dans tous les édifices contemporains du règne de Cyrus, mais elles se pénètrent les unes les autres (PI. V et VI). Cette particularité caractéristique du soubassement du Takhtè-Djemchid semble indiquer que la tour de Nakhchè-Roustem est une œuvre remontant aux premières années du règne de Darius. Elle fut probablement élevée par ce roi à l’image des tombes de ses ancêtres, lorsqu’il choisit l’emplacement de la nouvelle nécropole, et dut servir à la sépulture provisoire des membres de la famille royale et recevoir le sarcophage avant qu'il prît place dans les tombes en forme de spéos (PI. X), soit que ces tombes ne fussent pas terminées, soit plutôt que cette station transitoire fût commandée par les rites religieux introduits ou restaurés sous le règne de Darius,
1. Ptolémée (Oppert, l. c.) cite une autre Pasargade en Kirmanie.
2. J’ai révisé le texte grec avec le plus grand soin. Le lieu désigné sous le nom de Pasargade n’est pas une ville, mais un sommet : xcà izzpxivovat ttk îSx; piv xxl yvvxtxx; etj llxxxpyxàxi -à CnpïjXottKTOv Ôco ; Ù7T07rÉ/r}xi, etc. Voir également la dernière partie de la note i, page 23.
le grand organisateur de la Perse. Après la mort, on ne pouvait, en effet, ni brûler le corps, ni le jeter dans une rivière, ni l’ensevelir. Pour se débarrasser d’un cadavre sans souiller les éléments, on devait attendre qu’il se fût desséché ou qu’il eût été dévoré par les oiseaux de proie 1 . C’est dans cette chapelle sans doute que le corps du roi subissait, à l’abri de tous les regards, la décomposition préalable précédant l’ensevelissement définitif, tandis que les cadavres de ses sujets, avant d’être mis en contact avec la terre , étaient exposés pendant de longues années dans des dakhmas semblables aux tours funéraires des Guèbres de Téhéran et de Yezd.
La disposition adoptée à Nakhchè-Roustem pour faciliter l’entrée et la sortie des sarcophages, et dont on ne retrouve de nouveaux exemples ni dans les tombes achéménides ni dans la tour de Méched-Mourgab, indique avec quel soin on s’était efforcé de rendre aisée une opération laborieuse , destinée à être répétée souvent, et confirme ce qui a été dit précédemment sur le caractère provisoire des inhumations faites dans cet édifice (PI. XI.)
Quand on voulait introduire le sarcophage dans la chambre sépulcrale, on le faisait reposer sur des rouleaux disposés au fond de la glissière (fig. 19). A la première traction, le cercueil s’avançait vers l’intérieur et s'élevait au-dessus du dallage. On le conduisait sans peine jusqu’à la place qui lui était assignée, et il suffisait alors, pour le caler, de substituer aux rouleaux des cubes de pierre sur lesquels on l’assevait à demeure.
L’opération inverse permettait de le ramener au-dessus de l’escalier.
Indépendamment de la glissière, il est un détail d’architecture qui semblerait confirmer la destination du tombeau de Nakhchè-Roustem.
Immédiatement au-dessus de la porte, on remarque dans le linteau (PI. VI et XI) une excavation taillée en forme de queue d’aronde, dont le rôle est inexplicable, étant donné surtout qu’elle ne fait pas partie du système de suspension des portes, placées fort en arrière de la façade.
Je ne serais pas surpris que ce logement fût préparé pour recevoir une tablette de pierre ou de marbre sur laquelle était gravé le nom du prince inhumé dans la tour. L’inscription devant être changée souvent, on avait pris soin de donner au refouillement une forme qui permît de substituer une plaque à une autre sans détériorer l’édifice.