Loc. cit ., i
DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
Nécessité pour les Iraniens de recourir aux matériaux de terre. — Dimensions des briques aux périodes historiques traversées par la Perse. — Régime des eaux de la Susiane et de la Chaldée. — Habitations primitives des Élamites, des Perses et des Ninivites. — Aucune de ces constructions ne comporte, à l’origine, l’emploi de la colonne.
L'architecture primitive de tous les peuples est une fonction directe des conditions particulières d’existence commandées par le milieu dans lequel se développe chaque nation. En faisant reposer sur l’emploi de la glaise façonnée en briques tout leur système de construction, les Aryens, ou leurs devanciers, ne faillirent pas à cette loi générale.
Forcés, pour recouvrir leurs demeures, d’avoir recours aux matériaux de terre, les seuls qu’ils pussent se procurer dans un pays où le bois de construction et les plantes ligneuses elles-mêmes leur faisaient défaut, ils durent apprendre aussi à se passer de cintres et s'ingénièrent, par conséquent, à construire des habitations voûtées sans le secours de soutiens définitifs ou provisoires.
Ce problème paraît avoir été résolu dès une haute antiquité sous les formes les plus ingénieuses et les plus diverses. Déjà, sous le règne de Darius ou des premiers princes Achéménides ses successeurs, les Iraniens, j'en rapporte les preuves décisives1, élevaient des coupoles sur pendentifs, ayant près de quinze mètres de diamètre et trente mètres de hauteur, construisaient des berceaux et des nefs voûtées ayant les plus grandes analogies avec les vaisseaux des églises gothiques du XIIIe siècle. Ces édifices étaient barbares d’aspect, mais contenaient le principe de tous les tracés utilisés dans les constructions sassanides, byzantines et musulmanes.
Il n’est pas besoin de faire remarquer que les Aryens, ne pouvant construire de cintres, ne pouvaient non plus faire entrer la pierre dans le corps des voûtes, bien qu’il existât, dans toute la Perse, de superbes carrières de calcaires ou de marbre. Aussi tous les monuments anciens sont-ils exécutés en briques, ou très
i. Je suis forcé, à mon grand regret, de rejeter à la fin de la quatrième partie de cet ouvrage ( Constructions voûtées des Achéménides ) les preuves du fait que j’énonce.
L’Art antique de i.a Perse.