‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 34 sur 75 · Voir aux pages suivantes · texte numérisé non relu

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DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.

Cappadoce et à Delphes5, des bases de colonnes, des fragments de fûts et des basreliefs dont la découverte jette un jour tout nouveau sur cette question.

de la colonnade de Mycènes et les couronnements adoptés dans l’ordre dorique. Tous ces chapiteaux, qui s’éloignent par leur masse et leurs détails des types égyptiens, paraissent être particuliers à la Phénicie

Fig. 28. — Chapiteau de Golgos.

Fig. 29. — Chapiteau d’Eddé.

et avoir eu une influence prépondérante sur la genèse du couronnement dorique, plus ancien, à mon avis, que le tailloir à volute.

3. Un bas-relief, sculpté sur le tympan de la porte de Mycènes (Fig. 3o), représente une colonne

placée entre deux lions. Le fût est mince et lisse. Il repose sur une base et est surmonté d’un chapiteau de forme protodorique. Le sculpteur a retracé au-dessus du chapiteau les sablières et les abouts

Il semble établi par la concordance de tous ces documents que, sur les côtes les plus boisées de l'Asie occidentale c, on utilisait dès une haute antiquité des supports en pierre dont les fûts lisses et grêles, composés de longs segments, reposaient sur une base et étaient surmontés soit d'un chapiteau en forme détrône d arbre ou de solide de révolution, soit même d'un chapiteau à volute.

Ces colonnes méditerranéennes diffèrent profondément, par la gracilité du fût, des types en pierre des architectures égyptienne et dorique, et sont, au contraire, si l'on ne s'en rapporte pas aux ornements, mais à la construction, l'expression la plus archaïque des colonnes à fûts lisses et allongés dont l’ordre ionique grec est la dernière et la plus parfaite manifestation, ainsi que le prouvent deux monuments intermédiaires : la colonne de Mycènes incrustée dans la Porte aux lions et le fût archaïque retrouvé à Delphes par M. Foucart.

Tous les antiques supports originaires de la côte d'Asie reproduisent d'ailleurs

de chevrons en grume d’un entablement pareil à ceux des tombeaux lyciens, ainsi qu’un fragment des madriers destinés à retenir le matelas de pisé étendu au-dessus du plancher supérieur des constructions asiatiques (Voir Blouet, Expédition scientifique du Péloponèse , I).

4. Perrot et Guillaume, Expédition de Galatie, pl. 47. — Le petit édicule représenté Fig. 3 1 est sculpté sur des rochers voisins de Plénum. Le pseudo-fronton est supporté par de légères colonnes

surmontées d’un chapiteau à volute. Le naos est portatif et tenu en main par un personnage. Le style général de la sculpture est fort archaïque.

5. M. Foucart a découvert h Delphes un fragment d’une très ancienne colonne ( Fig. 3 2) qui présente

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en pierre les formes de poteaux exécutés primitivement en bois. Je n’en veux pour preuve que la forme des chapiteaux, la gracilité des fûts et l'intercalation entre leur extrémité inférieure et le sol d'un ornement irrationnel et inutile s’il est employé dans les colonnades en pierre, dont il rétrécit, sans utilité pour la construction, les sections libres, mais indispensable quand il s'agit d’empêcher les pieds-droits en charpente de pénétrer dans le sol et de s’altérer au contact de la terre. Il semble donc que les Phéniciens et leurs voisins ne furent pas seulement des imitateurs, mais aussi des inventeurs, si tant est qu’une nation ou un homme ait jamais eu le droit de revendiquer l'idée première d’une forme architecturale.

La filiation des ordres grêles était aisée à prévoir, car dans tous les pays

encore tous les caractères des supports méditerranéens. Le segment retrouvé est monolithique, il porte quarante-quatre cannelures tangentielles, se termine par une base très simple, et repose sur une dalle

carrée. La hauteur des segments, le grand nombre des cannelures, leur disposition tangentielle, donnent à la colonne de Delphes un air de parenté très accentué avec les colonnes monolithiques taillées sur le modèle des supports en bois et surtout avec les colonnes persépolitaines [Arch. des miss, scient., IIe série, u ).

6. On sait de sources certaines que non seulement les montagnes du Liban, mais toutes les côtes de la Phénicie et de la Syrie étaient dans l'antiquité très riches en bois de construction. Les Romains vantaient eux-mêmes l’abondance et la beauté des forêts de la Phénicie. Dans des montagnes aujourd’hui arides et dénudées on retrouve sur les rochers des désignations et des marques nombreuses se rapportant aux arbres que les ingénieurs romains choisissaient pour construire les Hottes de la république (Renan, Mission de Phénicie).

où le bois est abondant les branches et les arbres se prêtent si naturellement à la construction d'un abri habitable qu'ils sont employés à cet usage exclusivement à tous les autres matériaux. Des clôtures exécutées en clayonnage ou en terre, consolidées aux angles par de forts poteaux, constituèrent les murs des antiques demeures des habitants de la Phénicie et des côtes de l'Asie : les grosses branches furent employées à construire un plafond horizontal ; des couches de feuillage et de pisé, une toiture plus ou moins étanche.

Ki g. 33. Fig. 34.

Habitations de paysans des bords de la mer Noire (Coupes transversales).

Cet état de la maison n'est peut-être pas la forme primitive de l'habitation humaine, composée sans doute de branches assemblées en cône ou en faisceau ; mais il représente cependant un stage extrêmement ancien et, en tout cas, une solution très pratique, puisqu’il s'est conservé jusqu’à nos jours.

Quand la maison s’agrandit, le plafond s’affaissa sous le poids de la terrasse (Fig. 33). Des poutres longitudinales, placées au-dessous des solives du plafond, soutenues elles-mêmes par un ou plusieurs pieds-droits, rétablirent la solidité compromise. La colonne était inventée.

De ce jour s’établit une distinction profonde entre l'architecture chaldéenne et l’architecture méditerranéenne.

A la même époque, sans doute, on protégea par un auvent la porte béante de la maison; plus tard, on prépara, joignant la demeure, un emplacement abrité du soleil et de la pluie en prolongeant la toiture en avant de la face extérieure des murs et en faisant reposer la saillie des chevrons sur un poitrail supporté par des poteaux (Fig. 35, et PI. XVIII, fig. 2), ou bien encore, en couvrant directement T auvent avec des chevrons placés perpendiculairement au mur (Fig. 34). Remplaçons la terrasse

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asiatique par la toiture à deux égouts usitée dans les pays pluvieux et comparons les croquis composés d’après ces données (Fig. 42, p. 5q) ou même les maisons rustiques des habitants de l’Asie Mineure et des paysans du Lazistan et du Ghilan(Fig. 33, 3q et 35) 1 ou le plan de l’habitation de Santorin (Fig. 26), aux tombeaux lyciens (T. I, PI. VII, XV, et fig. 29) et phrygiens (Fig. q5), à la petite maison phénicienne (PI. XVIII, fig. 2) dont le Louvre possède une si intéressante repro-

Fig. 35. — Habitation des paysans du Mazenderan.

duction, au bas-relief deMycènes (Fig. 3o), aux palais et aux sépultures royales de Persépolis (T. I, PI. X), aux temples grecs eux-mêmes. Dans tous ces monuments, nous retrouverons sans peine à l’état transitoire ou définitif les formes contenues à l’état rudimentaire dans les antiques maisons des premiers habitants des régions boisées de l’Asie occidentale, c’est-à-dire une Cella (Fig. 35), entourée de colonnades

1. On connaît, depuis qu’elles sont données par Fellows (Trav. and Researches in Asia Min., p. 3 18 et seq.), par M. G. Perrot ( Exploration archéologique de la Galatie, p. i 36 et 461), et plus tard par Texier (Description de i Asie Mineure, Univers pittoresque, pl. X), les cabanes en bois des habitants de la vallée du Xanthe. Les types que je donne (Fig. 33, 34 et 35) sont la reproduction des demeures des habitants riverains de la mer Noire et de la Caspienne.

lumière la commune origine des entablements des ordres grecs et iraniens, car le mode de construction des charpentes perses étant désormais bien connu, il sera possible de reconstituer, au moyen des charpentes de l’époque des deux dynasties achéménides, un stage transitoire de l’entablement grec. Ce sera un des corollaires les plus utiles des études que je poursuis sur l’architecture persépolitaine '.

régnant sur une ou plusieurs faces, et une couverture composée de poitrails supportant des chevrons plus ou moins gros, plus ou moins espacés, recouverts d’une terrasse horizontale ou d’une toiture à deux versants.

11 est d’un réel intérêt et aussi de la plus grande utilité de mettre en pleine

Fig. 36. — Hypogée de Beni-Hassan.

i. La disposition de cet ouvrage me force à rejeter plus loin la description des charpentes perses. Le

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Je vais tout d'abord essayer de définir ce qu'il faut entendre par les mots Dorique et Ionique appliqués aux vieux ordres helléniques.

Les Égyptiens, dans des temps bien plus reculés que ceux auxquels nous reporte cette étude, construisaient également des colonnes et des monuments en terre et en bois U La preuve en est dans la décoration du stillicide des hypogées creusés dans les rochers de Beni-Hassan 2, décoration qui reproduit l'image des chevrons d’une toiture en charpente (Fig. 36).

Soit par imitation, soit par substitution partielle, les Égyptiens remplacèrent dans des monuments qui avaient servi de modèle à ces tombes, les colonnes en

fait est lui-même sans importance : car, cette étude ne s’appuyant pas sur des documents grecs, il ne saurait y avoir de pétition de principes.

Les colonnes étaient réunies longitudinalement par un chaînage qui traversait de part en part le chapiteau (Voir ire partie, PI. XV et XVII, et, 2e partie, PI. XIX), et dans le sens transversal par des sablières simples ou multiples, suivant l’écartement plus ou moins grand des supports. Au-dessus de ces poutres étaient disposés des solives équarries, puis un plancher jointif, et enfin un matelas de pisé étanche terminé lui-même par un carrellement en brique. Le matelas était maintenu par trois rangs de madriers superposés s’assemblant à mi-bois aux angles. Enfin toutes les pièces de la charpente étaient disposées en encorbellement les unes au-dessus des autres.

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