‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 50 sur 75 · Ctésias, ÜEP2IK.A, chap. xxix, § i · texte numérisé non relu

Ctésias, ÜEP2IK.A, chap. xxix, § i

DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.

Quarante prêtres montèrent sur la crête du rocher, saisirent les cordes auxquelles était suspendue la benne où avait pris place le ménage princier et élevèrent à eux le père et la mère de leur souverain. Mais au moment où Hystaspe et sa femme se balançaient dans les airs, un énorme serpent sorti des rochers vint jeter la terreur dans les rangs des mages; les prêtres éperdus lâchèrent les câbles et laissèrent choir sur les rochers la benne et les vieillards. Quarante d’entre eux payèrent de leur vie leur frayeur inconsidérée.

A l’intérieur, les chambres sépulcrales étaient très simples. Leurs parois sont grossièrement taillées en forme de voûte; les sarcophages, ménagés dans le cœur du rocher, ressemblent aux sarcophages égyptiens; pas une peinture, pas une sculpture, pas une inscription ne décore la dernière demeure des grands rois. A l’extérieur, au contraire, la façade sculptée en bas-relief sur une surface verticale, préalablement dressée dans le rocher, représente un édifice ayant les plus grandes analogies avec les palais persépolitains (PI. IV). L’attribution des tombes de Nakhchè-Roustem ne saurait être douteuse, Darius ayant eu soin de faire graver son testament en perse, en médique et en assyrien, dans les entre - colonnements latéraux

i. Testament de Darius. Je donne, d’après M. Oppert (les Inscriptions des Achéménides), la traduction des parties copiées du testament de Darius. Ce document, quoique très incomplet, contient des renseignements précieux sur la race et la nationalité du roi.

Traduction de l'inscription funéraire de Darius, fils d' Hystaspe, à Persépolis :

Un grand dieu est Ormuzd, qui a créé cette terre, qui a créé le ciel, qui a créé l’homme, qui a donné à l’homme le bon principe, qui a fait Darius roi, roi de beaucoup de rois, législateur de beaucoup de législateurs.

Je suis Darius, grand roi, roi des rois, roi des pays où se parlent toutes les langues, roi de cette terre étendue, vaste, fils d’Hvstaspe, Achéménide, Perse, fils de Perse, Aryen, de semence aryenne.

Darius le roi dit : « Par la grâce d’Ormuzd, voici les pays que j’ai gouvernés en dehors de la Perse; ils m’obéissaient ; ils m’apportaient leurs tributs, ce qui leur était ordonné de ma part, cela ils le faisaient. Ma loi, ils l’observaient : la Médie, la Sùsiane, laParthyène, l’Ariane, la Bactriane , la Sogdiane , la Chorasmie, la Sarangie, l’Arachosie, la Sattagydie, la Gandarie, les Saces-Amyrgiens, les Suces qui portent les bonnets pointus, Babylone, l’Assyrie, l’Arabie, l’Egypte, l’Arménie, la Cappadoce, ’la Lycie (Sparda), l’Ionie, les Saces d’au delà de la mer, le Scodrus, les Ioniens qui portent des nattes (sur leurs tètes), les Puts, les Cus, les Maxyens, Carthage. »

Darius le roi dit : « Lorsque Ormuzd regarda cette terre, il y avait la rébellion et l’inimitié de tous contre tous. Puis il me la donna; il m’en a fait roi. Je suis roi par la grâce d’Ormuzd; je l’ai établi à sa place.

« Ce que j’ai ordonné (aux hommes), ils le faisaient comme c’était leur bon plaisir. Si tu penses «combien est grand le nombre des pays que Darius le roi a possédés», et que tu dises cela, regarde l’image de ceux qui portent mon trône, et tu le comprendras. Alors tu sauras que la lance de l’homme perse allait loin; alors tu sauras que l’homme perse écarta la guerre loin de la Perse. »

Darius le roi dit : « Ce qui a été fait, cela je l’ai fait par la grâce d’Ormuzd. Ormuzd fut mon soutien, jusqu’à ce que j’eusse tout fait. Qu’Ormuzd me protège contre tout malheur, moi et ma maison, et ce

La terrasse est surmontée d'une plate-forme portée par deux rangs de soldats 1 ; au-dessus de la plate-forme se trouve le roi. 11 s'avance vers un atech-ga ; un dieu ailé plane dans les airs à côté de la lune et du soleil.

Dans l image du dieu on reconnaît Aouramazda 2 , le maître suprême du Panthéon des Aryens de l'Iran - . Au costume près, il a tout l’aspect de l’un de ces génies assyriens (Fig. i) dont les ailes (Fig. 2) étaient imitées de celles du globe solaire égyptien 4.

ris. 1.

Fig. 2.

Quant au disque lunaire, il apparaît sur les plus anciens monuments de la Chaldée. A Persépolis, il est séparé en deux zones de relief différent. Le croissant est en forte saillie sur l’ensemble du disque. On retrouve une représentation analogue de la lune sur une v ieil le stèle retrouvée à Sippara \ La partie du disque en faible saillie correspond, à n'en pas douter, à la lumière cendrée très éclatante sous le ciel de la Babylonie et delà Perse. Je ne crois pas que cette remarque, d’ailleurs sans grande importance, ait jamais été faite.

pays. Je demande cela à Ormuzd; qu’ûrmuzd me l'accorde. O homme, la loi d’Ormuzd ne la crois pas mauvaise; n'abandonne pas la voie droite, ne pèche pas. »

Inscription détachée.

1. Gabrias, le Patischorium, le gardien de la lance du roi Darius.

il. Aspathinès, qui fut le porteur des ordres et lit observer les décrets de Darius

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