‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 62 sur 75 · Place, Ninive et l’Assyrie, t. III, pi · texte numérisé non relu

Place, Ninive et l’Assyrie, t. III, pi

DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE. 5 7

Sargon, il existe, en effet, de faibles différences et encore tiennent-elles aux fonctions distinctes qu'ils remplissaient dans l’édifice ninivite.

Leurs profils générateurs sont composés d’éléments identiques ; quant aux ornements en relief tracés à la superficie du dernier d’entre eux, ils sont, j’imagine, la reproduction des nervures limitant le contour des feuilles du petit

chapiteau, les Ninivites ayant sagement pensé qu’il serait dangereux d’élégir par des excavations trop profondes une pierre destinée à supporter de lourdes architraves.

Les bases, autant qu'il est possible d’en juger par les quelques bas-reliefs où elles sont reproduites {Fig. 62) et par un modèle trouvé près du grand chapiteau de Khorsabad (Fig. 71 )‘, paraissent être la reproduction des couronnements. Ce serait l’application d’un principe singulier dont on retrouve un exemple

1. Layard, Discovcries, p. 590, et G. Smith, Assyrian Discoveries, 1 876, p. 431. L’Art antique de la Perse.

dans les supports de Sippara (Fig. 6 1 ) et dont les ivoires égyptiens (Fig. 52 et 59) avaient aussi donné la première idée. La pauvreté d’imagination que décèlent les œuvres architecturales des artistes ninivites quand ils veulent adapter la volute aux vieux monuments de briques de leur patrie, et ces singuliers portiques (Fig. 63) composés, comme le furent les colonnades- des premières basiliques chrétiennes et des antiques mosquées, avec des supports disparates empruntés à des édifices différents, montrent mieux que tous les raisonnements combien les Assyriens étaient peu habitués à manier les colonnes.

Fig. 70. — Chapiteau des grands ordres

Fig. 71. — Base de colonne

assyriens.

assyrienne.

Toutes les transformations du chapiteau lotilorme sont d’autant plus intéressantes à suivre que, si elles sont possibles en partant du document égyptien pour aboutir au chapiteau assyrien, on ne saurait remonter le courant; l’original, c’est incontestable, se trouve en Égypte et la copie en Assyrie. Quant aux modèles, ils furent choisis parmi les ornements reproduits sur les objets de luxe, tels que les ivoires, les bronzes ou les bois ouvrés. Cette remarque s’applique, à fortiori, à la base des colonnes assyriennes. On a vu que les Égyptiens décoraient parfois de volutes les bases des supports fictifs des plantes ornementales (Fig. 52 et 5q) : c’était une fantaisie du sculpteur ; et cependant les Assyriens prirent au sérieux cette indication et donnèrent aux bases un profil irrationnel , sans utilité et sans grâce, mais semblable à celui du chapiteau.

Quelle singulière carrière a parcourue la fleur de lotus ! L’architecte égyptien compose à son image un chapiteau circulaire; l’ornemaniste la grave à plat, et, sous ce dernier aspect, la transmet au monde ancien. Les Grecs s’emparent de ce

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motif, le modifient au gré de leur génie, et composent le tailloir ionique, une de leurs plus gracieuses créations. Les Assyriens , au contraire, copient d’abord

Fig. 72. — Égypte Fig. 73. — Égypte

( Giseh, Ve Dynastie). (Memphis, IV* Dynastie).

Fig- 74- — Égypte (VIe Dynastie).

servilement le modèle égyptien et T utilisent dans leurs constructions légères. Le jour cependant où ils désirent posséder, eux aussi , un ordre monumental , ils

Fig. 75.— Égypte (XVIIIe Dynastie).

Fig. 76. — Égypte (XIXe Dynastie).

g- 77 — Grèce (d'après un lékyths grec à fond blanc du Louvre).

façonnent en pierre, à la suite de tâtonnements successifs et de transformations progressives, les chapiteaux et les bases de Kouioundjik.

Viennent les Perses, et ils feront entrer dans l’empilage de motifs qui constitue le chapiteau persépolitain la volute grecque associée au chapiteau importé direc-

Go

tcment de l’Egypte, c’est-à-dire qu’ils superposeront, sans s’en douter eux-mêmes, deux ornements ayant la même origine. Il n’est pas jusqu’à l’Inde bouddhique qui n’emploiera dans les chapiteaux l’enroulement ionique au lendemain de la conquête d’Alexandre L

Si les ports de l’Egypte eussent été plus tôt ouverts aux étrangers, il est

Fig. 78. — Égypte (Thèbes, XVIIIe Dynastie).

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