‹ L'art arabeChapitre 108 sur 161 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

la croix faite d’une cour où certains hellénistes convaincus ont voulu voir une salle hypèthre, d’un sanctuaire plus grand qu’elle et de trois liwans.

Fig* 97* — mosquée de k a 1 t bai. (Le sanctuaire.)

Proportionnellement à la petitesse de la mosquée, l’arcature du sanctuaire est immense (fig. 97 et 98) et, vue de la cour, produit un effet imposant.

L éclat de ce sanctuaire ne le cède d’ailleurs en rien

t’ART ARABE.

à celui de la mosquée du sultan Hassan ; ses vitraux sont admirables ; son plafond divisé en compartiments peints, sculptés et dorés est merveilleux ; la plupart de ses mosaïques sont magnifiques. La salle du tombeau ne fait point corps avec le reste du temple; elle s’ouvre sur la droite du sanctuaire et ne s’y rattache que par des corridors.

Cette recherche suprême commence à s’altérer sous Khonsou-el-Ghoury pour tomber dans la prétention et l’emphase. Deux mosquées datent de son règne, bâties l’une en face de l’autre dans le quartier d’El-Ghouryeh. Leurs portails sont identiques, et les arabesques massives dont leur architecture est écrasée n’en font que mieux ressortir la disproportion. L’une a été en partie démolie en 1860; son plan est une copie de celui de Kaïtbaï, mais le détail trahit un état d’irrémédiable abaissement. Les revêtements sont de marbre noir, fouillés d’arabesques gravées en creux et dorées. Mais ces arabesques sont sans vigueur et sans relief. Les mosaïques des pavements sont tout aussi monotones. Les grandes lignes ont disparu; le réseau est timide et incertain. Seule, la coupole, aujourd’hui ruinée, était, au dire de Prisse d’Avennes (*), de proportions assez grandioses. Mais, recouverteà l’extérieur, ainsiqueleminaret, de carreaux de faïence et décorée d’imitations de petites arcades bleues et blanches (fig. -99), scellées entre les fenêtres de son pourtour, elle était loin d’avoir la splendeur du dôme de Kaïtbaï. D’ailleurs, la seconde mosquée du sultan prouve d’une même faiblesse artis-

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