‹ L'art arabeChapitre 13 sur 161 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

à volonté pendant la prière vers Jérusalem ou la Mekke ; que la mosquée d’Amrou, elle non plus, n’avait point

Fig. 8. LA mosquée d’amrou a fostat.

de mirhab à l’origine, et qu’elle n’en fut dotée que par Abd-el-Aziz (65 — 685), qui gouverna l’Égypte sous le khalife Mérouan. Dès lors, chaque mosquée eut son

mirhab qui donna au fidèle l’orientation de la kaâbah, et, à quelque distance qu’elle en fût, elle devint le vestibule de ce temple unique. Sans doute, elle n’est point la demeure de la divinité, ainsi qu’il en est des sanctuaires égyptiens ou chrétiens; le secret terrible de leurs naos ou de leurs tabernacles est banni de son enceinte, et tout au plus y peut-on trouver cette impression de trouble vague des salles hypostyles de l’Égypte ; mais a-t-on eu raison de soutenir que la mosquée est dépourvue de tout mystère? Et ce temple invisible, éloigné souvent de plusieurs centaines de lieues de celui qui est censé courbé en prières devant le voile tendu à sa porte, sans qu’aucune image, aucune pensée puisse s’interposer entre elle et lui, n’est-il pas cent fois plus imposant et plus mystique que le naos du petit temple grec oü se célébraient les orgies sacrées et devant lequel, aux jours de fête, se déroulaient des processions d'opéra?

Selon Makrîsi, les premiers mirhabs furent de simples bas-reliefs enclavés dans le mur est de la mosquée; un arceau sommairement tracé en formait toute la décoration. Plus tard, cet arceau se transforma en niche rappelant d’une manière plus tangible la porte murée de la kaâbah.

Puis, quand le goût du luxe se fut répandu sous les successeurs des premiers khalifes, des revêtements de mosaïques, de marbre, d’or et d’argent vinrent en rehausser l’éclat. Certains sanctuaires eurent pour mirhab une sorte de meuble artistement sculpté, et souvent pris dans une châsse d’argent massif, fouillée d’arabesques et semée de pierreries; mais, au temps de

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