CHAPITRE I
de se vêtir de vert, comme indice de leur parenté avec le chef de la religion. Le sable aurait donc dû occuper le premier rang dans le renk des khalifes; tout au contraire, on ne le rencontre que très rarement.
Sur les frises des monuments, sur les lampes émaillées, sur les manuscrits, l’effet de ces armoiries est souvent charmant.
Leur tort est d’avoir induit en erreur de graves critiques, qui, jugeant de tout d’après ce qu'ils connaissent — l’art héraldique, — ont cru que les mêmes lois présidaient à la formation du blason arabe et que rien n’y pouvait être changé.
Qu’un souverain eût plusieurs renouk , ainsi que Kaïtbaï, ils n’ont tenu pour authentiques que les objets de son règne portant l’écu le plus connu, celui qu’a étudié la science du blason. Le reste n’a été pour eux qu’une imitation plus ou moins habile, dont ils se sont attachés à rechercher l’origine avec une science digne d’un meilleur sort.
Certains renouk enfin ont en guise d’emblèmes des inscriptions réparties dans le chef, la fasce et la pointe, ce qui a rendu ces sortes d’erreurs plus difficiles. C’est ainsi qu’un troisième écu de Kaïtbaï — peu connu, celui-là — porte en chef : Ab ou-n-nasr- Kaïtbaï ; sur
fasce : E^on- limaou- la -na- es - sultan - el- Melek- el- Achra ; en pointe : A\\a nas rohan (fig. 147), ce qui signifie : Gloire à notre seigneur le sultan, le roi très noble', le père de la victoire, Kaïtbaï! Que sa gloire soit forte! Et que le renk de Mohammed-ibn-el-Ahmar, que Ton voit à l’Alhambra, porte en chevron cette devise : Il n’y a d’autre vainqueur qu’ Allah.