Pascal Coste, les Monuments du Caire
l’art ARABE.
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chaque travée, un bassin est placé à hauteur d’appui, régulièrement rempli d’eau ou alimenté par le filet d’une fontaine; des gobelets de cuivre s’y rattachent par
des chaînettes afin que les passants puissent venir s’y désaltérer. La plupart des mosquées ont leur sébil ; d’autres sont des fondations pieuses. Tous étaient ornés avec un goût parfait et souvent un luxe inouï.
Généralement, le sébil est revécu à l’intérieur de
Fig. 152. MAISON ARABE DU XVe SIÈCLE
Fig. i$3 C et 2 5*-
mosaïques et de carreaux de faïence. Un petit mihrab y indique parfois la direction de la kaâbah.
Les plafonds sculptés ou dorés du sébil d’Es-Saleh et de celui d’El-Moyyed sont des chefs-d’œuvre qu’aucune architecture ne surpassa jamais.
La légèreté des constructions privées et le peu de soin apporté à leur édification font que bien rares sont maintenant les anciennes maisons arabes. Quelquesunes pourtant existent encore dans les vieux quartiers du Caire, qui sont restées ce qu’elles étaient au xve siècle. De fortes chaînes de pierre en forment l’ossature et sont reliées par des cloisons minces où se suspendent des moucharabiyehs immenses. La rigueur du climat, l’insécurité d’un temps troublé joints aux mœurs musulmanes ont contribué à donner à l’aspect de ces maisons quelque chose de mystérieux et de rébarbatif qui rappelle les constructions à avant-soliers du moyen âge. La porte est étroite et profonde, protégée par des meurtrières. Toute la décoration s’est, de ce fait, concentrée sur ce point. Les moyens défensifs se sont accumulés à son seuil et se sont dissimulés sous les rinceaux et les entrelacs; et, l’intensité du sentiment religieux aidant, des inscriptions s’y sont mêlées, qui sont pour celui qui habite la maison comme un souhait de bonheur ou une devise presque toujours empruntée à un verset du Koran : Bis m’illah mâcha Allah! la koué ilia billah. — Au nom d’Allah! Ce qu’ Allah veut! Il n’y a de force qu’en Allah! — ou tout autre passage.
D’autre part, la chaleur était un ennemi tout aussi redoutable que les malandrins des carrefours; contre