‹ L'art arabeChapitre 16 sur 161 · DE DAMAS · texte numérisé non relu

DE DAMAS

A la mort de Alî, assassiné Fan 41 de l’hégire (661), de graves événements se précipitèrent en Orient, dont les conséquences furent de donner à l’Égypte une prépondérance absolue sur l’art arabe. L’un des meur-

tri'ers du khalife, Moaouyah, petit-fils d’Ommîah, gouverneur de Syrie, s’empara du pouvoir. Attaqué par les descendants du Prophète, Hosseïn, fils de Alî; Abd-er- Rhaman, fils d’Abou-Bekr, et Abd-Allah, fils de Zobeyr, la moitié de l’empire se détacha de sa cause et des guerres sans fin s’ensuivirent, coupées par le massacre de Hosseïn et le triomphe momentané d’Abd-Allah. Mais, à peine arrivé au trône, ce dernier se voyait contraint de reprendre la lutte. La Syrie, inféodée à Moaouyah, reconnaissait pour khalife Mérouan-ibnel-Hakim, de la branche collatérale des Ommîades, et de nouveau l’Islam se partageait en deux fractions égales. La Mekke restait aux mains des partisans de la dynastie légitime, et Mérouan, reconnu par l’Egypte, y plaçait l’un de ses fils, Abd-el-Aziz, comme gouverneur et faisait de Damas la capitale du khalifat.

Cette dernière guerre assurait la suprématie de l’Égypte. Maîtres de la Mekke, les partisans des descendants du Prophète avaient au service de leur cause le prestige que leur donnait la possession de la kaâbah. C’était beaucoup aux yeux des fidèles. Abd-el-Melek, fils de Mérouan, se souvenant juste à point que Mahomet avait choisi Jérusalem pour ville sainte, avant de donner ce rang à la Mekke, songea à affaiblir le prestige religieux de ses ennemis en lai rétablissant dans ses prérogatives. « Il déclara hérétique le pèlerinage de la Mekke, dit Makrîsi, et ordonna que dorénavant les cérémonies qui s’exécutaient à la kaâbah auraient lieu à Jérusalem, à la mosquée d’El-Aksah, qu’il fit reconstruire magnifiquement. Dès lors, l’Égypte cessa d’envoyer à la Mekke les riches tapis que, suivant les

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