‹ L'art arabeChapitre 30 sur 161 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

dégoût pour l’imitation, le même besoin de sensation, le même attrait vers l’invisible; il est toujours méditatif et extatique ; il cherche toujours en tout l’image d’une pensée vague et flottante; il vit toujours d’hallucinations ; en résumé, il est toujours lui.

La preuve certaine que la forme humaine n’était pas interdite aux premiers siècles est que, sous Abd-el- Melek (65-86 — 705-714), la mosquée de Jérusalem fut décorée d’une fresque représentant le paradis et l’enfer de l’Islam. La peinture — j’ai essayé de le prouver 1 — s’était un moment acclimatée dans l’Égypte copte; l’irréalité de ses lignes et de ses couleurs avait fait d’elle pour l’anachorète le double de ses visions auréolées d’or : en sculpture, le matérialisme de l’image s’opposait à pareille tentative ; aussi, les plus vieilles frises arabes ne se composent-elles que de rinceaux de feuillages ordonnés selon les règles de l’art copte, encore imitatifs, mais déjà rythmés. A la mosquée de Touloûn, une archivolte fouillée en plein stuc frange les arcades; un bandeau semblable s’étend sur les pieds-droits audessus des chapiteaux : trois tiges folaciées s’y répètent indéfiniment alternées, tandis qu’au haut des murs,

Page 1