Al. Gayet, la Sculpture copte (Galette des Beaux-Arts
Fig. 13.
régnent ici d’un feston géométrique pareil à une feuille d’eau, là des rosaces, ailleurs une triple ligne d’inscrip-
Fig. i+.
tions. A dire vrai, ces ornements manquent de grâce; leur faire est empreint de cette hésitation qui fut propre à la sculpture copte, alors que pour la première fois
elle entreprit de donner aux formes réelles une tournure conventionnelle. La continuité des lignes est à peine marquée, et quelque chose de gauche trahit la maladresse du sculpteur. En revanche, la précision des motifs géométriques est déjà parfaite; le feston qui court en frise a une régularité absolue, d’autant plus remarquable qu’il n’est point moulé, mais sculpté sur une esquisse et découpé librement. Les inscriptions s’enlèvent sur bois avec une perfection non moins grande, tracées en caractères rectangulaires dépourvus de tous enjolivements. L’allure en est forte et hautaine : c’est le credo d’une foi qui s’affirme par elle seule. Cette intervention de l’épigraphie dans l’art arabe est un de ses traits essentiels, une preuve de plus de ce besoin d’idéalisme qui hantait l’artiste d’alors. En renonçant à l’imitation, il n’avait eu qu’un but : préciser l’expression d’une pensée; et cette expression, il l’avait demandée à des rapports de parties liées. Mais, incapable d’en manier les nuances, elle se formulait pour lui plus visiblement écrite en toutes lettres au sommet des murailles; elle s’y déroulait palpable; il s’appliqua donc, de même que l’Egyptien de l’antiquité, à ramener l’écriture dans l’orbe de ses compositions. Pour cela, il choisit parmi les versets du Koran les principaux articles de la foi musulmane; il les disposa en carrés oü une phrase telle que celle-ci (fig. 1 3) : — Taouakkalt \ al Allah! Je me suis fié en Dieu ! — est quatre fois répétée autour d’une lettre commune; les répartit en frises (fig. 3), les étagea en lignes chevronnées de mosaïques, où le même mot — Lillah! A Dieu ! (fig. 14) — revient comme en une consécration.