‹ L'art arabeChapitre 32 sur 161 · LIVRE IL — CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL — CHAPITRE IL

Le côté marquant de ce style est le redoublement de la

Fis. i<5.

maxime énoncée. De même que dans les bas-reliefs pharaoniques, où la continuité du mouvement a une

force et une grandeur extraordinaires, la phrase se répercute pour s’infiltrer davantage dans l’esprit et l’écraser sous la maxime qu’ehe crie être celle hors de laquelle il n’est point de salut.

L’absolu d’un ornement toujours semblable à luimême se prêtait à merveille à souligner de telles sentences ; aussi, le style en est déjà établi quand s’élève la mosquée de Touloûn. Je n’entrerai pas ici dans l’exposé de la philosophie des lignes; chacune a sa physionomie propre, mais variées à l’infini sont les nuances qu’il est possible de tirer de leurs combinaisons. Il me suffira de rappeler en passant que l’horizontale reflète le calme, la méditation et l’extase; la verticale, l’aspiration, l’élan de l’âme; les obliques, la tristesse ou la joie, selon qu’elles sont concentriques ou expansives relativement à la perpendiculaire à l’horizon. L’emploi simultané ou consécutif de ces quatre éléments fut tout le secret de dessins longtemps considérés comme un pur caprice et qui souvent surent dire des raffinements qui ont échappé aux maîtres de l’imitation.

A les analyser, il eût été facile d’en reconnaître la trame et de faire la part de chacune des impressions qui concourent à l’impression d’ensemble. Toute figure symétrique repose en effet sur une construction mathématique; un réseau fort simple est le canevas des agencements en apparence les plus touffus. Enclin comme il l’était au symbolisme, l’Arabe s’en était vite aperçu et en avait exposé les principes en plusieurs traités de géométrie. Les entrelacs des sculpteurs de Baghdad et du Caire sont tracés sur une série de lignes parallèles

Page 1