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III. — FORMATION DU DECOR POLYGONAL

Tandis que s’opère cette évolution de l'architecture, la sculpture, guidée par les mêmes principes, elle aussi,

Fig. 23. SCULPTURE F AT IMITE.

(Musée arabe au Caire.)

se modifie. A la mosquée d’El-Azhar, elle s’inspire encore directement du style copte; sur l’axe de chaque arc est une rosace; le sommet des fenêtres des tympans se remplit d’une imposte sculptée, qu’on croirait moulée sur quelque stèle d’Akhmim ou de Salamieh, et les rinceaux des frises ou des boiseries ont des feuillages composés (fig. 17 et 23), que seul le fini de l’exécution distingue des enroulements coptes.

Pourtant, un courant irrésistible entraîne l’Arabe

vers le fantastique, et les premières arabesques fleurissent. C’est au musée arabe du Caire qu’il faut chercher ce qu’elles furent au temps d’El-Moëzz. Deux portes d’El-Azhar sont particulièrement remarquables- L’une a deux vantaux de plus de trois mètres de haut. Sur chacun d’eux quatre panneaux accouplés sont encadrés par des panneaux plus étroits. Une arabesque trilobée s’y étale dans les replis d’un enroulement foliacé (fig. 24). La base en est traitée largement ; le détail, fouillé juste à point pour ne pas nuire à l’ensemble; aucun méplat ne s’y accuse, mais la vérité des contours s’est déjà atténuée pour faire place à une végétation irréelle aperçue toute en profil.

La seconde porte n’a qu’un seul vantail (fig. 25). Au centre Fig. 24. • est un médaillon ondulé rempli

mosquée d’el-azhar. d’un fleuron à huit pétales, autour duquel huit tiges s’entrecroisent pour décrire un polygone étoilé à huit pointes, qui se prolongent de manière à donner naissance à huit arabesques flamboyantes, enlacées en un motif gironné. Complétant le tout, quatre triangles s’avancent des angles vers le médaillon et s’imbriquent dans les vides; un enroulement enserre cette composition et enferme

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