‹ L'art arabeChapitre 44 sur 161 · LIVRE III.'- CHAPITRE. I · texte numérisé non relu

LIVRE III.'- CHAPITRE. I

Fig, 2$. PORTE DE LA MOSQUEE d'eLAZHAR,

une inscription à laquelle s’attache une tige, dont la

racine se perd au pied du caractère initial. Rien ne différencie la facture de ce décor de celle de la première porte; c’est la même amplitude de ligne, la même absence de relief. Cette facture sobre se retrouve au mirhab primitif de la mosquée également conservé au musée arabe du Caire. Le parement de sa façade est rempli d’arabesques frustes; deux colonnettes à chapiteaux bulbeux flanquent la niche : le haut de la boiserie manque; mais, du témoignage des historiens, il appert que ce mirhab était environné d’un cadre d’argent massif. Sous El-Mostanser, la silhouette sèche des arabesques d’El-Moëzz se change en un demi-relief où s’accusent sobrement des détails conventionnels. Le mirhab de sitta Rokaiyah est un excellent spécimen du faire de cette école : sur sa façade, des rectangles s’entrecoupent autour d’un assemblage d’hexagones réguliers pivotant sur les côtés d’un hexagone étoilé. Dans chaque rectangle viennent s’inscrire quatre pentagones et deux triangles équilatéraux. Une galerie découpée domine le tout et dans chacun des polygones s’incruste un petit feuillage arabescal.

La douelle de la niche n’est point surchargée, elle n’est point tapissée de cette végétation touffue qui jusque-là avait concentré toute l’attention sur elle. L’artiste a enfin compris qu’elle devait être traitée en second plan; son ornementation gravée au trait est plutôt esquissée et indiquée que fouillée, tandis que sur le fond et les côtés du mirhab se répartissent, en une série de compartiments, des rinceaux habilement traités. Tantôt deux branches s’échappent d’un vase et se tordent symétriquement en une série d’inflexions con-

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