LIVRE III. — CHAPITRE I
Là réside tout le principe de la sensation obtenue au moyen des entrelacs géométriques. L’entrelacs n’est que l’entre-croisement régulier des lignes tracées dans
Fig. 29.
une figure primaire, un dérivé de cette figure, une superposition de polygones s’entrecoupant dans un assemblage initial. L’impression simple donnée par la forme essentielle s’exalte. Une figure calme aura par l’entrelacs la sensation de l’infini; une figure hésitante, celle d’une tristesse profonde. L’image dérivée de l’as-
semblage du carré et de l’octogone éveillera l’idée de l’immuabilité éternelle, celle qui a pour base l’heptagone, celle d’un mystère vague et inquiet. Le dessin de ces figures, si embrouillé soit-il, se ramène à un petit nombre de constructions faciles, où la division de la circonférence en parties égales tient la plus large place. Voici celui de l’entrelacs dérivé de l’heptagone; je le transcris d’après un traité de géométrie décorative sans y rien ajouter.
« Décrire des circonférences tangentes, que l’on divise en vingt-huit parties égales, par des rayons partant du centre de ces circonférences, et par lesquelles on mène les diagonales de six en six divisions; ou, plus simplement, on partage le rayon en deux parties égales. On décrit une circonférence passant par le point de division, et l’on mène les diagonales en joignant alternativement et dans un ordre régulier les points de division de la première circonférence et de la seconde (fiS- 29)- »
Au résumé, la charpente de l’ornementation polygonale repose sur quatre éléments : le réseau, dont les sommets se confondent avec le centre des polygones ; le groupement des polygones élémentaires, les circonférences tangentes et les différentes figures dérivées, ou les polygones étoilés qui déterminent les mailles de la rosace inscrite dans le polygone primitif.