II. — LA DYNASTIE AYOUBITE
L’Egypte cessait d’être la capitale du monde oriental, elle passait sous une dénomination étrangère; mais à cela près, rien n’était changé dans son existence : aussi, l’avènement de Saleh-ed-dîn n’eut-il sur l’art qu’une action secondaire, visible tout au plus à quelques détails. Ses monuments dénotent la volonté et la force; une réaction s’opère, qui fait de l’art gracile des derniers Fatimites un art plus ample. En même temps, le sculpteur remonté à la tradition des polygonistes que ne hantait pas encore l’effet des lignes dépourvues de tous ornements. En architecture, le style des édifices à coupole végète, mais ne s’écarte pas de sa route; les chapelles sépulcrales du karafah, — le cimetière, — mot à mot « le lieu de la tête », n’ont qu’une nef voûtée, attenante à une salle carrée à coupole ogivale, percée à sa base de petites fenêtres dont l’arc est ogival aussi. Un demi-jour tamisé par leurs claires-voies descend d’elles, tandis que dans la zone de transition