‹ L'art arabeChapitre 55 sur 161 · LIVRE 1 1 1. — CH A PITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1 1 1. — CH A PITRE II

aboû-Rézîk, le mimber de Ghous et le mirhab de Sitta-Néfîssa. Certaines sont de purs chefs-d’œuvre d’élégance. L’assemblage pentagone et heptagone est employé de préférence par les polygonistes. Rarement on rencontre le groupe dérivé du dodécagone, de l’hexagone et du carré assemblés ou de l’octogone et du carré qu’avaient employés les premiers Fatimites; et au mimber de Ghous, l’arabesque s’est entièrement affranchie de l’imitation. Elle n’est plus qu’un entrelacs fleuri, une polygonie végétale palissée sur celle du réseau.

Au milieu de cette incertitude, une révolte de palais entraîna le renversement de la dynastie fatimite. L’an 5 55 (ii59), sous le khalife Abd-Allah-el-Added-le-dîn- Illah, un vizir disgracié, Chaour, passe en Syrie et implore l’appui du célèbre adversaire d’Amaury, Noured-dîn, pour se ressaisir du pouvoir. Celui-ci rassemble aussitôt une armée, la place sous le commandement de l’un de ses favoris, un Kurde nommé Chirkoueh, et l’envoie rétablir le vizir tombé. Mais, appelés par le khalife, les croisés l’avaient devancée et ce furent eux qu’il lui fallut combattre. Réintégré dans ses dignités, Chaour reconnut vite dans ses protecteurs ses plus redoutables adversaires et pour s’en débarrasser s’allia à Amaury. Dix années durant, l’Egypte vit alors se dérouler des négociations sans fin et des combats aussi sanglants qu’indécis, où les alliés de la veille furent ses adversaires du lendemain.

La lutte menaçait de s’éterniser quand le khalife, prenant le parti de traiter avec Nour-ed-dîn, lui offrit le tiers des revenus de l’Egypte s’il consentait à le délivrer de son vizir et des croisés. Quelques jours après,

ces derniers, battus, regagnaient la frontière syrienne et Ghirkoueh prenait au Caire la place de Chaour qu’El- Added avait fait décapiter. Ce traité ne faisait qu’accélérer la chute du khalife et celle de sa dynastie. Deux mois plus tard, Chirkoueh mourait et son neveu Salehed-dîn, le Saladin de nos chroniqueurs, s’installait à sa place. A la mort d’El-Added, il reconnaissait officiellement l’autorité des Abbassides et se faisait leur vassal avec le titre de sultan.

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