‹ L'art arabeChapitre 59 sur 161 · SÉPULCRALE · texte numérisé non relu

SÉPULCRALE

A aucune époque de son histoire, l’empire arabe ne fut plus puissant et plus prospère que du milieu du yne au milieu du vine siècle de l’hégire (i25o) (i38o),

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sous la domination des sultans Baharites1 égyptiens.

Les princes de cette période, s’ils parvinrent l’un après l’autre au trône par l’assassinat, surent du moins faire preuve, une fois couronnés, de grandes capacités militaires et politiques. Constructeurs à l’égal des Pharaons, ils donnèrent à l’essor intellectuel de leur temps sa direction véritable; ils furent les continuateurs directs des Fatimites, dont ils ne firent que reprendre la tradition.

Une révolution pareille à celle qui avait failli renverser Mostanser amenait au pouvoir cette nouvelle dynastie. Au cours des guerres des croisades, l’un des derniers sultans Ayoubites, El-Melek-es-Saleh-Ayoub, menacé jusque dans sa capitalepar les armées d’Amaury, s’était recruté une garde d’esclaves circassiens achetés sur tous les marchés du Levant. Ceux-ci, comme autrefois les esclaves turcomans des Abbassides et des Fatimites, s’étaient en peu de temps rendus maîtres de tous les grades de l’armée; et à la mort de Neym-eddîn, fils de Saleh-Ayoub, en qui s’éteignait la famille Ayoubite, Chadjarat-ed-dorr, l’esclave favorite d’Es- Saleh, Circassienne elle aussi, parvenait, à force d’intrigues et de... galanteries, à se faire nommer sultane par les émirs de la garde, et de ce fait devenait la fondatrice du règne le plus brillant que l’ère arabe ait eu.

Ses successeurs, Izz-ed-dîn - Ybek-el-Djachenguir, Kottouz, Rokh-ed-dîn-Beïbars-el-Bondoukdary, Ka-

i. Baharite vient de bahr , fleuve. La garde dont sortirent les sultans d’Égypte, de 648 à 782 (i25o à 1 38 1 ), était primitivement cantonnée dans l’île de Raoudah, au bord du Nil, que les Arabes n’appellent jamais que le fleuve (Bahr).

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