‹ L'art arabeChapitre 69 sur 161 · LIVRE IV. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE I

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églises gothiques, est, de l’aveu même de Makrîsi , l’œuvre d’un maître chrétien, « un édifice admirable d’un style nouveau ». Je n’irai certes pas jusqu’à prétendre que l’Orient ait copié l’Occident. Entre eux il n’y a pas de contact possible; les deux civilisations sont trop loin l’une de l’autre pour s’exprimer de la même façon. Si quelques traits communs confondent les deux arts dans une parenté lointaine, ce n’est là qu’un effet du grand courant de piété qui traversa le monde vers le commencement du xme siècle. Aux premiers temps du christianisme, une ressemblance analogue avait uni les œuvres de l’Orient et de l’Occident : une ressemblance qui n’était ni une imitation ni un symbolisme imposé, mais une communion naturelle d’espérances. Toutefois, à l’une ou à l’autre époque, cette parenté n’est que

Fig. 39 et 40.

TOMBE DU KARAFAH.

Fig. 4I. TOMBE DU KARAFAH. (Plan.)

La preuve de la répulsion de l’Arabe pour la coupole byzantine est la science dont firent preuve ceux

factice; il suffit de dégager la technique et la philosophie de ces œuvres pour reconnaître bien vite qu’elles n’ont aucun trait commun.

Fig. 42 et 43. TOMBEAU DU KARAFAH DU CAIRE.

(Façade principale.)

qui bâtirent les dômes des tombes du grand karafah du Caire. Là, des chapelles désignées fort improprement du nom de tombeaux des khalifes, mais qui furent en réalité des sépultures d’émirs, d’imans et de fonctionnaires de la cour des sultans, se sont groupées par centaines, quitoutes sont les chefsd’œuvre trop peu connus d’un art idéaliste, si raffiné que c’est pour nous une surprise encore que d’en analyser l’esthétique et de reconnaître la pensée profonde qui a présidé à leur construction.

Quelques unes de ces tombes, de dimensions fort modestes, n’ont qu’une salle carrée : tantôt (fig. 39 etqo) une porte étroite rejetée de côté y accède, des colonnettes cantonnées aux angles soutiennent une haute frise, un tambour polygone la surmonte, et sur celui-ci vient s’appuyer une coupole recouverte d’un voile d’arabesques ou d’entrelacs ; tantôt (fig. 41, 42 et 43) de hautes travées en stalactites crénelées de merlons refendent la façade, pareilles à celles des mosquées; ou bien

Fig. 44. TOMBE DU KARAFAH

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