SUR PLAN CARRÉ
(Construction du tambour dodécagone et inscription de la coupole.)
Fig. 45. — TOMBE DU KA RA F A H .
(Détail de l’extérieur du tambour et de la coupole.)
encore à la salle de la tombe attient une nef flanquée d’un minaret; n’était la disposition de cette nef unique, rien ne la distinguerait de la mosquée sépulcrale des khalifes.
Certes, il eût été facile à l’architecte de ces coupoles de les asseoir sur quatre pendentifs ou quatre trompes : d’autres l’ont fait qui sont célèbres... Du premier coup il trouve dans les principes d’une géométrie savante l’expression du spiritualisme qui déborde en lui. Entre le carré à couvrir et la coupole, il interpose, de même que les Fatimites, un tambour polygone; et entre tous les polygones, un surtout l’attire, le dodécagone régulier. Pourquoi cette préférence? La raison en est que, le rayon étant égal au sixième de la circonférence, un rapport exact unit le carré à la coupole; déplus, le polygone de douze côtés étant un dérivé du carré, des côtés communs relieront entre elles les deux formes, qui se superposeront sans aucune solution de continuité.
D’autre part, le caractère d’aspiration de l’Islam ne pouvait se manifester que dans l’élancement d’une architecture complexe; et nulle forme ne se prêtait mieux que le dodécagone au mouvement pyramidal dans lequel le monument converge vers son sommet. Et pourtant, l’épure du plan de la tombe baharite est des plus simples. Dans le carré (fig. 44), une circonférence étant inscrite, les côtés du tambour dodécagone seront donnés par l’intersection de deux hexagones qui, inscrits à leur tour dans cette circonférence, auront respectivement les deux axes du carré pour sommets. L’intersection de leurs côtés a lieu sur les diagonales du