LIVRE IV. — CHAPITRE I
toutes les figures données par le prolongement des côtés des prismes qui s’y adaptent s’y trouve, et les lignes ainsi menées vont se coupant sur lui ou sur les côtés.
On se figure sans peine le parti que les polygonistes tirèrent d’un pareil système. Aussi, non content de manier à leur gré la trame et par conséquent l’aspect
de la stalactite, il fallut encore que jusqu’aux profils découpés rentrassent dans le cycle de leurs compositions. Ce n’était pas assez que le réseau fût trigone ou carré, ils voulurent que cette polygonie cachée devînt tangible; pas n’est besoin de dire qu’entre leurs mains expérimentées, la stalactite fut bientôt une architecture parfaite, dont le plan, l’élévation et la coupe restèrent toujours à l’unisson.
Les profils des stalactites sur réseau carré (fig. 58) donnent en projection plane des rosaces étoilées à huit pointes, alternant à une étoile inscrite dans un carré.
i S<5 L’ART ARABE.
En élévation, c’est une arche portant un dôme à nervures; une réduction en miniature d’une coupole du
karafah.
En un tel art pouvait trop se jouer la contemplation de l’Arabe pour qu’il ne devînt pas le pivot de son architecture. Partout où jadis le raccord des surfaces planes et courbes avait été ménagé au moyen de trompes coniques ou de portions de voûtes, un pendentif en stalactites se suspendit; et si loin fut poussée la prédilection pour cette polygonie, que souvent des pendentifs angulaires ne furent qu’un placage enclavé sur l’angle d’une salle carrée dont le plafond s’assied sur un encorbellement.
Le pendentif (fig. 59) est un de ceux-là. L’encorbellement trace sur l’angle de la salle une trompe dans laquelle s’insèrent des stalactites imaginaires, qui pour plan ont une rosace à huit mailles appointées au centre d’un carré
(fig- 60).
A plus forte raison, la structure de la niche parti-