GRIFFON DE PISE
Si l’hérédité monophysite de l’Égypte et le matérialisme de l’art grec ont suffi à éloigner l’Islam de la forme humaine, quelques artistes musulmans, des Égyptiens surtout, Pont cependant sinon reproduite, du moins transcrite ; certains même Pont abordée sans détours, non pas à la manière hellénique, mais à celle de POrient. Ce sont les tendances de cette école peu connue que je voudrais tâcher d’exposer ici.
Fig. 86
De tout temps, l’art arabe a eu, quoi qu’on en ait dit, des représentations animées; rares, pour cette raison qu’il préféra de beaucoup les idées pures aux formes concrètes, et les impressions flottantes à l’imitation; mais assez nombreuses pour nous permettre d’établir de quelle manière ila envisagé l’anatomie humaine, et quelle formule a été sienne lorsqu’il en a entrepris le rendu. Les premières mentions faites par les auteurs arabes à ce sujet sontrelatives à des portraits de khalifes. Baghdad a sa galerie de souverains; Khomarouyah, fils de Touloûn, a dans ses jardins de Kotayeh son « portrait » et celui de ses femmes. Les statues sont grandeur nature, vêtues d’étoffes magnifiques, étincelantes de pierreries et le diadème au front. Deux cent cinquante ans plus tard, à l’inventaire du trésor de Mostanser-b-Illah, figurent des pièces de soie tissues d’or, qui donnaient la suite des différentes dynasties arabes avec le « portrait » des khalifes et des hommes célèbres. Puis c’est la tente du vizir Yazoury, dite la Grande Rotonde , qui était enluminée de figures d’hommes et d’animaux; d’autres encore, ornées des plus belles peintures, représentant des éléphants, des lions, des chevaux, des paons et des oiseaux de toute espèce : un paon d’or enrichi de pierreries ; un coq de même métal, avec des yeux de rubis ; une gazelle dont le corps était recouvert de perles, et nombre d’autres figures animées, peintes, sculptées ou tissées, « si parfaites qu’à distance on aurait cru des êtres réels ».
Cette opinion, jetée par Makrîsi à la fin d’une définition, peut résumer une manière de voir arabe; elle reste fort loin de la nôtre. Ce furent les Coptes qui