‹ L'art arabeChapitre 98 sur 161 · LIVRE IV, — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, — CHAPITRE III

leurs fronts. Dans des rinceaux, des antilopes et des gazelles surgissent, passent et disparaissent; de loin, on dirait un lancé sous forêt ; de près, ce n’est que la flore

Fig. 8d. — étoffe fatimite (Musée de Nuremberg);

vivante d’une végétation animale bien coordonnée. En la dessinant, l’Égyptien est redevenu cet incomparable animalier que nous révèlent les bas-reliefs antiques et jusqu’aux ébauches coptes. Quant à la forme humaine,

il la traite avec son dédain habituel de la chair et son parti pris d’idéalité.

Au mâristan, des frises de même époque prouvent d’une éducation artistique supérieure, bien que la donnée du décor reste la même. Un centaure couronné poursuit la gazelle à travers une forêt de lianes inextricables, et la chasse tantôt à courre, tantôt à l’arc (fig. 89). Des musiciens sont assis sous un berceau de

Fig. 89. BOISERIES DU MARISTAN DE KALAOUN.

verdure; l’un accorde son théorbe; l’autre assure ses cymbales à ses doigts. Des paons volètent sous le lattis du berceau et se perchent aux branches des lianes ; ailleurs, des danseurs s’avancent l’un vers l’autre en brandissant des tambourins. Cette fois, la silhouette est champlevée au burin; rien n’en altère les contours; mais le relief se métamorphose en une polygonie composite. La poitrine du centaure est cuirassée d’arabesques, ses bras sont pris dans des manches de feuillages et sur son épaule et sa croupe s’installent des fleurons étoilés.

Ce centaure des frises du mâristan n’est, d’ailleurs, qu’une variante d’une image mythique de l’Islam; le sphinx ailé, ou marichore y dont les théologiens mu-

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