‹ L'art bouddhiqueChapitre 17 sur 36 · AV MOYEN AGE · texte numérisé non relu

AV MOYEN AGE

publiés sons la direction de LOUIS HALPHEN

Professexn' à la Faculté des Lettres de l'Université de Bordeaux

11 nous manquait une collection de format commode et de prix abordable réunissant tous les textes capitaux sur lesquels est fondée la connaissance de notre passé historique durant les siècles féconds du moyen âge où la France s'est réellement faite. C'est cette collection que la librairie Champion se propose de publier et dont elle a confié la direction à M. Louis Halphen, professeur à la Faculté des lettres de l'Université de Bordeaux.

Les noms des savants de valeur qui ont bien voulu dès le premier moment répondre à leur appel sont le plus sûr garant de la haute tenue .scientifique de l'œuvre entreprise. Les textes seront édités suivant toutes les règles de la critique érudite. mais à la française, sans vain étalage de variantes inutiles, pt pourvus d'une annotation historique sobre, mais précise. Les textes latins et provençaux et ceux des textes en vieux français qui jjrésenteraient de sérieuses difficultés d'interprétation seront toujours accompagnés de traductions, qu'on s'efforcera de faire tout à la fois fidèles et élégantes.

La nouvelle collection, dont le titre — Les cJaisiques (le V histoire de Franœ au moyen l'iqe — raj>pelle celui d'une autre collection publiée pai' .M. Mario Roques à la m»' me librairie {Les classiques fruuçais du moyen âge), en formera le complément, la collection de M. Roques continuant à se consacrer à la publication des textes proprement littéraires, celle de M. Halphen étant réservée aux textes proprement historiques. Les souscripteurs aux deux recueils, qui paraîtront en volumes de même format et d'une justification identique, auront ain.si, au bout de quelques années, à portée de la main, une véritable bibliothèque littéraire et historique de tout ce que notre moyen Age franr-ais a produit de plus précieux ou de plus caractéristique.

Le premier volume des (Classiques fU VhisUA.e de France au moyen âge paraîtra au début de 1923. La publication se j-mrsuivra ensuite régulièrement à raison de plusieurs volumes par an.

PROSPECTUS GÉyÉKAL SUR DEMANDE

Premier Volume a paraître EGINHARD. Vie de T'harlemagne, publiée et traduits par L. Halphen

Pl. VI

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Cl. Foucher.

Ruines et plan du Grand Couvent de Takht-i-Bahai (Inde).

LKS ORIGINES 41

Si la technique architecturale du monastère bouddhique ne dérive pas directement du stupa, les deux ordres d'édifices sont néanmoins associés : c'est le culte des reliques, c'est la nécessité d'abriter les desservants qui détermina la construction des monastères. Les couvents de l'Inde bouddhique peuvent être considérés comme des asiles pour la pensée philosophique, comme de studieuses retraites, mais ils furent aussi les conservatoires des liturgies, ils sont étroitement liés à une fonction cultuelle. M. Foucher remarque avec raison qu'il se rencontre des stupas isolés, mais qu'il n'existe pas de monastère sans stupa. Bâties autour du reliquaire, les logettes des moines hnirent par l'englober et par l'absorber. Ces logettes où l'on déposa d'abord les statues et les offrandes, ainsi que les accessoires du culte, ne se présentent pas toujours en groupe. On leur donne alors le nom de viliaras. Les unes, coilTées d'un double dôme (dont le profil trilobé se retrouve comme un élément essentiel dans la décoration bouddhique et rappelle le trisula ou les trois joyaux), se rattachent peut-être aux huttes de feuillage de l'Inde gangétique; les autres, recouvertes d'un toit en pyramide, semblent dériver des charpenteries rustiques de l'Himalaya. Demeure du moine isolé ou demeure de l'idole, cellule ou rella^ toiture en dôme ou en pyramide Ironquée, percé de portes et de baies prolongées en arches voûtées qui s'établissent sur des assises horizontales, le vihara est à l'origine du monastère, qui n'est qu'une collection de logettes de

ce genre, abritant à la fois les religieux et les images des saints.

Le monastère proprement dit, le sangharama, est, avec le stupa, le monument essentiel de l'architecture bouddhique. Le Bouddhisme n'est pas seulement une collection de mvthes £:reffée sur une tradition, une métaphysique et une morale, il est une orsfanisation. Quelles raisons amenèrent les isolés à se grouper, les errants à adopter une résidence fixe? Si les moines bouddhiques ont fait vœu de renoncement, du moins ils n'ont pas renoncé les uns aux autres, ils sont un corps, une règle a fait d'eux un ordre. Quand la piété des frères laïques eut accrédité quelque stupa, un ou plusieurs desservants devinrent nécessaires. Les pèlerinages attiraient les curieux avec les fidèles, une foule s'offrait d'elle-même à la prédication. Les moines bâtissaient leurs abris non loin des aires consacrées : ainsi la communauté morale pouvait devenir rapidement communauté de vie et d'habitat.

Il est possible que les premiers couvents n'aient donné asile aux moines que pendant la saison des pluies. L'existence monacale dut prendre ainsi plusieurs formes successives ou simultanées, — une forme érémitique, la vie du solitaire qui se bâtit un vihara isolé, au cœur des forêts ; celle des demierrants, qui ne séjournaient au couvent que pendant une partie de l'année; enfin celle des moines proprement dits, attachés au culte de quelque relique célèbre et fixant près d'elle leur demeure. Le centre d'attrac-

lion et de groupement, c'est le stupa. Chaque monastère a le sien ou les siens, plus ou moins importants, plus ou moins absorbés dans sa masse.

Un ordre de faits particulier aida puissamment la communauté errante à se fixer, les viharas provisoires à s'accoler, à se grouper en sangharamas définitifs, — les fondations pieuses. 11 arrivait que de riches particuliers fissent don aux moines errants de quelqu'un de ces beaux jardins de plaisance situés à quelque distance des villes, où les hommes de Tlnde ancienne allaient volontiers, comme l'on fait encore aujourd'hui, goûter la sérénité de l'ombre et du repos dans un paysage fait pour la joie des yeux. La vie du Bouddha s'est déroulée en grande partie dans ces parcs ou dans les forêts : beaucoup d'épisodes essentiels de sa carrière ont pour décor ces magnifiques verdures légendaires. L'arbre de la Bodhi n'est pas une pure figuration mythique. Au fond des âges, le Sage paraît à nos yeux tout entouré, tout parfumé de poésie sylvestre. La jungle indienne qui s'empare de ses sanctuaires, la végétation hardie qui foisonne au cœur de ses abbayes désertes ne font que ramener à son point de départ cette vaste rêverie de renoncement.

Les parcs donnés aux ascètes par les frères laïques, la permanence d'une propriété devenue sacrée, voilà, peut-être, le plus sûr élément de fixité. Relisons dans Oldenberg^ l'histoire de ce roi cinghalais qui mit à la

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