LIVRE III. — CHAPITRE IV
Constantinople qu'existaient des manufactures d'étoffes de luxe : celles de la Thessalie, de la Grèce propre, de Chypre étaient célèbres. Il est vrai que, dans la capitale même, les ateliers impériaux avaient le monopole de certains tissus plus précieux que les autres ; on ne les livrait point au commerce, et la police veillait à ce qu'on n'en exportât pas sans autorisation. Liutprand, en 968, bien qu'il fût ambassadeur d'Othon, ne put emporter des étofles qu'il avait achetées à Constantinople, mais il faisait remarquer aux agents qui les confisquaient que les Vénitiens et les Amalfitains se chargeaient d'en approvisionner l'Occident ^ En effet, on y connaissait des étoffes grecques auxquelles on donnait le nom d'impériales, et qui étaient fort appréciées ^ Quand les empereurs voulaient faire un riche présent aux rois, aux princes, aux évêques, aux abbés d'Occident, ils leur donnaient quelques-uns des plus beaux tissus de leurs manufactures ». C'est ainsi que la France, en pareille circonstance, offre aujourd'hui des tapisseries des Gobelins ou des vases de Sèvres.
D'ailleurs, cette défense d'exporter ne s'étendait point à tous les produits des ateliers byzantins; aussi les étoffes de soie, les tissus historiés étaient-ils un des principaux objets du commerce avec l'Occident. Nos poèmes du moyen âge les mentionnent souvent et en indiquent la provenance ; ils distinguent même entre les diverses régions où florissait cette industrie*. Les