‹ L'art byzantinChapitre 129 sur 151 · PRÈS DU COUVENT DE BOGOLUBOW · texte numérisé non relu

PRÈS DU COUVENT DE BOGOLUBOW

îaient déjà^ D'ailleurs, à Vladimir comme à Kief, la Russie a désormais ses artistes nationaux, tels que l'architectePierre le M ilonègue et le moine peintre Olympius.

Au XIII* siècle, Tinvasion des Tatars Mongols isola la Russie des pays voisins, en même temps qu'elle y apporta encore de nouveaux éléments orientaux. Alors à Moscou, qui devient la ville par excellence, la ville •sainte où du sol germent sans cesse de nouvelles églises, le style russe s'épanouit dans toute son originalité. « Pour peu qu'on examine attentivement ces innombrables coupoles, ces façades pressées les unes contre les autres, on reconnaît cependant encore les lignes byzantines. Mais il y a de mêlé à cela on ne sait quoi de tatar, d'asiatique, qui fait parler à ces lignes un autre langage-. » Aussi, quand au xv^et au xvi*' siècle Ivan III et ses successeurs appelèrent des artistes italiens, ceuxci n'osèrent entrer en lutte contre cette architecture d'un caractère si pittoresque et si bien marqué, et ils en acceptèrent les données générales. Ce ne fut qu'au xvm* siècle, et sous le règne de Pierre le Grand, que pénétra en Russie ce style bâtard qu'on se plaisait à décorer du nom de gréco-romain.

Si, dans l'architecture russe, le style byzantin se complique de formes qui lui sont étrangères, par contre, la peinture et la sculpture sont fidèles aux traditions

1. V. de Boutovsky, Histoire de Vornement russe du x* au XVI* siècle. Paris, 1870. Introd,, p. 4, 5.

2. Maury, Architecture religieuse de la Russie. (Rev. arcliéol-, i" série, t. II, p. 781.) L'art russe a été dans ces dernières années l'objet de nombreux et importants travaux qu'il n'était pas possible d'énumérer : je citerai du moins Bouslaiev, l'Apocalypse russe figurée (en russe). Saint-Pétersbourg, i885.

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