DE SAINT-DIMITRI, A VLADIMIR
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grecques. Dans les anciennes églises de Kief, de Vladimir, de Novgorod, ce furent souvent des artistes grecs qui ornèrent de mosaïques et de fresques les voûtes et les murs; en quelques endroits leurs œuvres subsistent encore. Les disciples qu'ils formèrent ne s'écartèrent point de leurs enseignements; ils n'innovèrent ni pour le choix des sujets ni pour le style, et, jusqu'à la fin du moyen âge, les arts figurés se maintinrent en Russie à peu près tels qu'ils étaient dans les couvents du mont Athos. Les artistes de ce pays eurent à leur tour des manuels de la peinture imités de l'ouvrage du moine Denys. Cependant quelques écoles se formèrent qui, tout en conservant une même physionomie générale, se distinguèrent par des traits particuliers. Vers la fin du XV* siècle, les princes russes appelèrent à Moscou des artistes d'Occident, des Italiens surtout, qui, sans s'attaquer aux traditions nationales, cherchèrent pourtant à modifier quelque peu la peinture byzantine : ainsi se forma le style qu'on appela friajsky (franc) *. Cette constance avec laquelle la Russie resta attachée aux types byzantins tint sans doute à un sentiment religieux; 0 1 craignait de commettre comme une sorte d'hérésie, si l'on se fût écarté des formes consacrées de l'iconographie. Ces scrupules n'existaient point lorsqu'il s'agissait de simples motifs d'ornementation ; aussi, dans ce domaine, les artistes russes se sentant libres ont fait preuve d'une bien plus grande originalité. Soit qu'ils couvrent d'une riche décoration sculptée les chapiteaux, les moulures et tous les membres de leurs édifices, soit
I. Sabatier, Notions sur V iconographie sacrée en Russie. Saint- Pétersbourg, i84q.
Fie. Ç2, FAÇADE DE LA CATHEDRALE d'ANI.
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quMls encadrent de bordures éclatantes les pages de leurs manuscrits, ce n'est plus à Byzance seulement qu'ils s'adressent- Ici la variété est peut-être plus grande encore que dans leur architecture : aux éléments grecs viennent en effet s'ajouter non seulement ceux qu'ils empruntent à l'Asie, mais ceux qu'ils tirent de leur propre fonds ou de leurs rapports avec les Scandinaves i. Je ne suivrai pas les destinées de l'art chez les Slaves du Sud. Convertis en grande partie au christianisme grec, ils subirent naturellement l'influence de la civilisation byzantine, modifiée comme en Russie, soit par des éléments indigènes, soit par des importations étrangères ^. Ce serait s'engager trop loin que d'aborder cette étude, mais au sud-est de la Russie s'étend une région qui, par sa situation intermédiaire entre ce pays, l'empire grec et l'Asie centrale, présente un intérêt particulier. La Géorgie et l'Arménie étaient gouvernées par des princes particuliers quand, au commencement du IV* siècle, la prédication de Grégoire l'Illuminateur y fit pénétrer le christianisme. Partagée bientôt entre les Romains et les Perses, l'Arménie devint le théâtre de luttes incessantes entre les deux peuples, mais elle ne perdit point le sentiment de son ancienne autonomie et forma une nationalité distincte. Même au point de vue religieux, elle s'isola de l'Eglise grecque en restant attachée dan? une certaine mesure aux doctrines monophysites. La Géorgie était fidèle à l'orthodoxie ; mais, malgré ces différences, les destinées des deux pays furent long-