‹ L'art byzantinChapitre 50 sur 151 · LIVRE II. —CHAPITRE IV. iij · texte numérisé non relu

LIVRE II. —CHAPITRE IV. iij

ix" siècle, qui fut illustré peu d'années après le rétablissement des images, Tartiste se montre moins modérée En face dMn verset des psaumes qui dit : « Je ne m'assiérai point avec les impies », il a peint Léon TArménien assis sur le trône, tandis que par son ordre deux iconoclastes couvrent de chaux une image du Christ. Ailleurs, le patriarche Nicéphore est représenté triomphant; il foule aux pieds le corps d'un des chefs du parti vaincu. Ce manuscrit est un curieux monument de râpreté des haines de cette époque et de la joie du monachisme vainqueur.

Telle fut cette célèbre querelle qui, pendant plus d'un siècle, agita l'empire. Elle intéresse à la fois l'histoire de l'art et l'histoire des institutions politiques. Avant même qu'elle fût terminée, elle avait eu pour conséquence de détacher de la domination byzantine la plus grande partie de l'Italie; mais, par contre, elle avait infusé à la civilisation hellénique une vie nouvelle qui allait lui assurer encore quelques siècles de puissance et de gloire.

Quant à l'art, on peut dire qu'il gagna plutôt au milieu de ces luttes. Les peintres qui appartenaient au monachisme, loin de se laisser décourager par les menaces et les poursuites, travaillèrent avec plus d'obstination. D'autre part, à côté d'eux, se formait une école plus indépendante et qui paraissait s'inspirer avec une ferveur nouvelle des modèles antiques. Ces divers élé-

I. L'importance de ce manuscrit, conservé maintenant à Moscou, a été signalée par M. KondakofF, Miniatures d'un Psautier grec du ix''. siècle de la collection Klilouboff (en russe) j Moscou,

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ments allaient se combiner et produire, après la querelle des images, une véritable renaissance. D'ailleurs, les empereurs iconoclastes n''avaient point été, comme voulurent le faire croire leurs ennemis, de grossiers barbares, jaloux d'étouffer toute civilisation. Entourés de savants et de lettrés, ils avaient même encouragé les arts, tout en les dépouillant de leur caractère sacré. Un des plus ardents parmi eux, Théophile, se fit remarquer par les belles constructions qu'il entreprit. Le grand palais impérial, dont on trouvera plus loin la description, fut agrandi et embelli par lui et il y fit exécuter de splendides mosaïques. Des églises s'élevèrent par ses ordres, et, si les représentations figurées en furent écartées, on y prodigua du moins toutes les richesses de la décoration ornementale.

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