I. Liutprand, Antapodosis, vi
reur. Au delà commencent les appartements impériaux, et les salles, les dépendances se pressent les unes sur les autres, tellement nombreuses quUl faut renoncer à les énumérer. Entre toutes se distingue par sa splendeur le Chrysotriclinium ou triclinium d'or, qui servait aux réceptions les plus solennelles : c'est ici comme le sanctuaire même du culte impérial, et par une analogie remarquable les dispositions en rappellent celles des églises. La salle est octogone, couverte d'une coupole que percent seize fenêtres. Sur les huit côtés s'ouvrent huit absides qui communiquent entre elles; elles sont profondes et forment à leur tour de véritables salles : l'une sert de trésor, l'autre d'oratoire. Celle qui est placée en face de l'entrée est close par deux portes revêtues d'argent. Aux réceptions, ces portes restent d'abord fermées tandis que la foule pénètre dans le Chrysotriclinium et que le calme s'établit; alors deux officiers les ouvrent : dans le fond de l'abside l'empereur est assis sur le trône et tous se prosternent pour lui rendre hommage. Parfois on y expose toutes les pièces d'orfèvrerie du palais : couronnes étincelantes de gemmes, trônes d'or, émaux, vêtements de pourpre ornés de pierres précieuses, tout un amoncellement de richesses accumulées par plusieurs générations impériales, et telles que l'imagination ose à peine les rêver. Ailleurs, c'est le grand triclinium de la Magnaure, où ont lieu d'habitude les réceptions des ambassadeurs. Le mobilier ne le cédait point en splendeur à celui du Chrysotriclinium. « L'empereur s'asseyait sur un trône qui était placé dans l'abside et qu'on appelait le trône de Salomon. Ce trône était tout en or et enrichi de