‹ L'art byzantinChapitre 65 sur 151 · LIVRE III. — CHAPITRE II. ijS · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE II. ijS

aussi bien qu'en accuser le rôle. Le tamDour est en général polygonal et les arêtes même des angles, par leur direction verticale, expriment cette idée d'élévation qu'a voulu rendre l'artiste. Elle se manifeste mieux encore par les longues et minces colonnettes qui le décorent, par les hautes et étroites fenêtres qui y sont percées. Sur les façades et les côtés de l'édifice se dessinent les lignes courbes et horizontales de la construction. Rarement un fronton vient y indiquer la fin d'un toit en double pente, car les architectes byzantins ne dissimulent guère sous une charpente triangulaire la forme réelle de leurs voûtes. Là où cette dernière disposition se rencontre régulièrement, il faut reconnaître sans doute une influence latine qui ne s'exerça que plus tard.

Dans les nouvelles églises byzantines, les fenêtres sont généralement nombreuses. Construites en plein cintre, elles affectent des formes diverses où se retrouve encore la recherche de la variété et de l'élégance : ici, la baie se divise en deux fenêtres géminées que sépare une colonnette; là, elle est trilobée; presque toujours elle est fermée par des plaques de pierre percées de trous.

Il n'est pas jusqu'à l'appareil des murs où cette préoccupation ne soit visible. Les constructeurs emploient la pierre et la brique, mais ils ne les entremêlent point par assises alternées uniformément et, de cette diversité de matériaux, ils savent tirer des effets décoratifs qui changent d'un monument, d'un mur à l'autre. A l'ancien appareil en épi des Romains, qui n'a point disparu, ils ajoutent en foule des combinaisons nouvelles. Sur les murs des édifices, les briques se plient à mille dessins et charment l'œil par les fantaisies ingénieuses de leurs

ij6 L'ART BYZANTIN.

dispositions. Il n'est pas rare même de les voir se raager en lettres et former des inscriptions.

En résumé, si la période qui précède a vu naître les grandes conceptions de Tarchitecture byzantine, dans celle-ci c'est par les raffinements qu''on veut remporter. On accepte les éléments essentiels, la charpente générale de Téglise du vi« siècle, mais on cherche à changer Taspect de Pancien édifice en le rendant plus léger d'allure et plus pittoresque.

Les églises de cette période qui subsistent encore sont beaucoup trop nombreuses pour qu'on puisse songer à les énumérer ici. Aussi suffira-t-il de citer quelques-unes de celles dont la date est certaine et qu'on peut choisir comme modèles.

A Constantinople, une des plus élégantes est celle de la Mère-de-Dieu (Théoiocos), construite par un personnage qui vécut sous les règnes de Léon le Philosophe et de Constantin Porphyrogénète. Des arcades soutenues par des colonnes, de larges baies percent la façade; elles raniment et Tornent, en même temps qu'elles versent dans le narthex une lumière abondante. Les dessins variés de la brique et de la pierre alternées augmentent encore le charme de cette impression, tandis qu'audessus de la façade, au second plan, se dressent les coupoles placées sur des tambours. L'abside, de forme pentagonale, est également percée à mi-houteur par des arcades que supportent des colonnettes.

C'est dans la même ville que se trouve 1 glise monastique du Pantocrator S construite dans la première

Page 1