BYZANTINE
La description du palais
a montré déjà quel luxe on
déployait alors pour la déco-
ation des édifices civils. Il
FIG. 42. FRONTISPICE TIRE d'uN MANUSCRIT.
en était de même pour les édifices sacrés, et il semble qu'à Constantinople surtout Basile le Macédonien et ses successeurs aient voulu effacer par là le souvenir des entreprises de leurs prédécesseurs iconoclastes. La nouvelle église qu'il fit élever à côté même du palais fut comme la Sainte-Sophie de ce règne. Constantin le Porphyrogénète, le patriarche Photius en ont laissé des descriptions qui rappellent celles que Procope et Paul le Silentiaire ont données de Poeuvre de Justinien. « On y avait uni, dit Constantin, tout ce que Part, la richesse et la volonté la plus active avaient pu rassembler, et Basile offrit cette église au Christ comme une épouse toute brillante de perles, d'or et d'argent, toute ornée de marbres aux couleurs variées, de mosaïques et de tissus de soie. » A l'extérieur, des tuiles en bronze doré recouvraient les coupoles; dans l'atrium se dressaient deux grandes fontaines en marbre décorées d'ornements en bronze. « L'or et Pargent se partagent presque tout l'intérieur de Péglise. Tantôt ces métaux sont appliqués sur le verre des mosaïques, tantôt ils sont étendus en plaques, tantôt ils entrent en composition avec d'autres matières. Les parties de Péglise que l'or n'enchâsse pas ou que l'argent n'a pas envahies trouvent leur orneiTientation dans un curieux travail de marbre de diverses couleurs. Les murs à droite et à gauche en sont revêtus. La clôture qui sert de fermeture au sanctuaire, les colonnes qui s'élèvent au-dessus et l'architrave qui les unit, l'autel, tout est d'argent doré rehaussé de pierres précieuses et de perles de la plus belle eau. Le sol semble recouvert de tissus de soie et de tapis de pourpre, tant il est embelli par les mille nuances