‹ L'art byzantinChapitre 73 sur 151 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

les miniatures de cette époque, on voit que les peintres se formaient en dessinant d'après Pantique, qu'ils s'en pénétraient à ce point d'en reproduire les attitudes, les draperies, non par une imitation servile, mais par une admiration intelligente. Ils répondaient ainsi au goût même de la société de leur temps. Un écrivain du x« siècle, Siméon Métaphraste, a mis en style élégant les vies des saints : souvent, lorsqu'il parle d'une vierge, . il s'arrête à décrire ses traits, la noblesse de sa démarche en termes qui semblent comme un écho affaibli de la littérature classique. Les chants populaires célèbrent la beauté avec des expressions plus gracieuses encore, et où se retrouve tout le charme de la poésie grecque ^

Il n'est pas jusqu'aux divinités de l'Olympe qui ne reprennent possession de l'art. Elles se déguisent sous des noms d'emprunt : ici, c'est la Mélodie, là, c'est la Nuit ou la Sagesse, mais le regard reconnaît leurs formes élégantes; détachées souvent de quelque bas-relief ou de quelque peinture antique, elles revivent au milieu de ces prophètes et de ces saints auxquels l'artiste ne craint point de les mêler, elles inspirent David qui chante, elles accompagnent Isaïe qui prie. Il est quelques-uns de ces manuscrits où elles apparaissent presque à chaque page, mêlant à la religion chrétienne le charme de leur éternelle beauté.

Nulle part ces qualités ne se montrent mieux que dans deux manuscrits grecs conservés à la Bibliothèque nationale de Paris *. L'un contient les homélies de saint

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