FIG. 45. LA TRANSFIGURATION
Tableau en mosaïque. (Musée Ju Louvre.)
15+ L'AHT BYZANTIN.
images doivent être peintes, disaient-ils, non point diaprés la fantaisie des artistes, mais d'après les lois et traditions approuvées de PÉglise catholique. Car, le divin Basile renseigne, il faut vénérer ce qui excelle par Tancienneté... Aux peintres d'exécuter, aux pères d'ordonner et de régler. » Sans doute, dans bien des monastères, on sMtait soumis à cette loi ; mais à ConstantinopJe, à la cour impériale, elle ne prévalut point tout d'abord : là se forma une école qui, tout en restant attachée à Part religieux, se crut le droit d'être originale. Peut-être était-elle moins libre quand il s'agissait de décorer les parois des églises: les traditions s'imposaient alors à l'artiste avec plus de force, et ce n'était guère que dans les détails du style qu'il pouvait suivre son goût personnel; mais dans l'ornementation des manuscrits il était permis, en bien des occasions, de montrer plus d'indépendance sans inquiéter si promptement l'orthodoxie. Tandis que les littérateurs et les philosophes étudiaient avec passion les écrits des anciens, que la poésie populaire elle-même consacrait ses chants aux exploits de la Grèce païenne ', les artistes se reportèrent vers ces œuvres antiques qui de toutes parts s'offraient encore à leurs yeux. Jamais on ne les avait oubliées; mais on les trouva plus belles, parce qu'on les comprenait mieux, et qu'on y reconnaissait l'expression de cette vie et de ce naturel dont on avait en quelque sorte ressaisi le sentiment. Quand on parcourt
I. Annuaire de l'Association pour Vencouragement des études grecques, iSjC), p. 140. N'est-il pas remarquable que, au xiii« siècle encore, cette poésie populaire fasse revivre Achille et Patrocle pour les opposer aux Francs?