DE REPOS DU CHRIST
(Bibliothèi^ue nationale, xi« siècle.)
i(Î4 L'ART BYZANTIN
intelligents de l'antiquité, et non point des copistes inconscients.
Mais on doit aller plus loin : s'ils appréciaient les œuvres des anciens, c'est que, comme eux, ils avaient appris à observer la nature Les portraits abondent dans leurs miniatures; ils sont traités avec vigueur et avec un accent de vérité remarquable. Les proportions du corps sont, en général, exactes : le peintre a des connaissances anatomiques, et, dans les parties nues, le modelé est souvent juste et fin. D'ailleurs, si quelques compositions font songer (on l'a dit et répété) aux fresques de Pompéi, combien d'autres n'ont pu être inspirées par des œuvres antiques, sans que cependant elles manquent de valeur! Les qualités d'exécution ne sont pas moindres : souvent le dessin est ferme, précis, en même temps que souple; le coloris est lumineux et chaud, exempt de ces tons heurtés et discordants qu'on rencontre souvent en Occident. La connaissance des lois de la perspective fait seule défaut.
Pourtant ces qualités ne se trouvent point uniformément dans toutes les miniatures des deux manuscrits que j'ai cités comme modèles : il en est de bonnes, de médiocres et de mauvaises. Divers artistes y ont travaillé ; on reconnaît leur main, et ils n'avaient point même talent. Mais ces inégalités aident à prouver que ces peintures remarquables n'étaient point un accident, l'œuvre d'un artiste isolé, sans prédécesseurs et sans successeurs; qu'au contraire, il existait une véritable école où, à côté de maîtres célèbres, se groupaient des élèves associés à leurs travaux, bien qu'encore moins habiles.
Je crois cependant que cette école, dont nous possé-