‹ L'art byzantinChapitre 80 sur 151 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

ifiS

dons d'autres œuvres encore, a dû bientôt perdre une partie de sa liberté et de son indépendance, au moins

Fie. $1. LA VIERGE AU MILIEU DES CHOEURS DES ELUS.

(Bibliothèque nationale, xi* siècle.)

dans le domaine religieux, sous Tinfluence de TÉglise, dont les craintes furent éveillées par ces caprices de Timagination et cette abondance des souvenirs profanes. J'en trouve la preuve dans un manuscrit du Méno-

iC(5 L'ART BYZANTIN.

loge grec qui est conservé à la Vaticane, et qui avait été exécuté pour Basile II (976-1025). On y compte quatre cents miniatures, toutes sur fond d'or ^. Huit peintres y ont travaillé, et chacun d'eux a signé ses œuvres : ce sont Menas, Pantaléon, Georges, les deux Blachernitos, Nestor, Siméon, Michel le Petit. Eux aussi sont de mérite fort divers : Labarte considère Pantaléon et Nestor comme les plus habiles, mais j'ai été frappé de la finesse d'exécution de Siméon. Quant aux sujets, ils présentent la variété la plus grande, puisqu'ils se rapportent à toutes les fêtes de l'année : ce sont tantôt des épisodes du Nouveau Testament, tantôt des scènes de martyre ou des saints qui prient. On pourrait vraiment appeler ce précieux manuscrit le bréviaire de l'art religieux chez les Byzantins à la fin du x« siècle.

Ici l'influence de l'art classique n'a pas encore tout à fait disparu. Souvent l'artiste se plaît à indiquer sur des édifices, sur des sarcophages, quelques bas-reliefs antiques; ailleurs, il dessine des cariatides ou des statues de guerriers nus. Mais ce ne sont plus guère là que des motifs d'ornement, et les figures principales sont d'un style bien moins libre que celles du psautier de la Bibliothèque nationale. On sent que cette renaissance à demi profane, qui s'était épanouie auparavant, a perdu sa vitalité, et que l'art prend ce caractère exclusivement monastique qu'il ne perdra plus désormais. Les figures

I. D'Agincourt, dans son Histoire de l'Art, t. II, a donné quelques-unes de ces miniatures; auparavant le cardinal Albani les avait toutes publiées dans son édition du Ménologe grec. Urbin, 1727. Mais ces reproductions sont très défectueuses. Je n'ai pu donner ici des spécimens de ces peintures.

Page 1