‹ L'art byzantinChapitre 82 sur 151 · ET LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

ET LA VÉRITÉ

(Bibliothèque nationale, xi» siècle.)

vierge, tend au Christ la main pour en recevoir Panneau de leur union mystique. Parmi les ouvrages les plus

intéressants de cette époque, je citerai un choix d'extraits de saint Jean Chrysostome, écrit pour Nicéphore Botoniate (1078-1081), à la Bibliothèque nationale; une Panoplie dogmatique, composée sur Tordre d'Alexis Comnène(io8i-r 1 18), et un Evangéliaire écrit pour Jean Comnène (1118-1143), à la Vaticane. Ces manuscrits impériaux étaient toujours exécutés avec plus de soin, et ils ont, en outre, Pavantage d'offrir des dates certaines. Pendant toute cette période, l'ornementation proprement dite est d'une merveilleuse richesse. Dans les bordures et les encadrements, s'épanouissent toutes les fantaisies de l'imagination la plus délicate. Les feuilles et les fleurs s'enroulent en capricieuses arabesques ; tout un peuple d'animaux et d'oiseaux aux couleurs éclatantes les anime de ses jeux (voy. fig. r, 42). Les initiales deviennent de véritables compositions : ici, un lièvre et une autruche, adossés à une tige fleuronnée, forment un K; là, un E se compose d'un évêque qui bénit une femme ou d'un pécheur à la ligne. « Jamais chez les Byzantins, même dans les manuscrits les plus faiblement ornés, on n'a les yeux choqués comme dans les manuscrits latins par des élucubrations d'une impropriété repoussante. Leurs initiales ne dépassent pas une grandeur moyenne, elles restent plutôt petites; jamais on ne les voit s'étendre brutalement sur les trois quarts d'une page, ou s'emparer de la page entière... Les miniaturistes grecs n'admettaient pas l'art surchargé , et voulaient partout cette modération, cette juste mesure qui est le cachet du bon goût ^ » ♦

I. Bordier, ouvr. cité, p. 23. — Voy. aussi de Boutovsky, Hist. de l'ornement russe, qui, dans les dix-huit premières pages de son

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