LA SCULPTURE ORNEMENTALE
L’absence presque compléte de figure humaine dans la sculpture byzantine semble avoir eu trois causes: antipathie des chrétiens pour la statuaire paienne, querelle des iconoclastes , influence de |’art musulman. La sculpture ornementale ne traduit aucune inspiration directe de la nature et n’est le plus souvent qu’un décor abstrait souvent séométrique. Le relief en général est trés bas et le modelé est remplacé par des découpures a jour.
On distingue trois sortes de sculptures byzantines : la sculpture au trépan, la sculpture a jour et la sculpture champlevée. La sculpture au trépan consiste a percer la pierre a l’aide du trépan au lieu de la modeler (PI. V). Parfois, on commencait par modeler grossiérement et on passait ensuite le trépan. La sculpture a jour est un véritable grillage ; enfin la sculpture champlevée consiste a réserver en clair les ornements sur fond noir tout d’abord creusé, puis rempli de mastic noir (fig. 25, tailloir du chapiteau).
Chapiteaux. — On sait que la colonne avait été détournée de son role par les Romains qui l’avaient souvent considérée a tort comme un ornement ; les constructeurs byzantins reviennent a la saine tradition qui avait été la tradition grecque et font jouer a la colonne son role de support. Cependant, comme les Grecs n’avaient connu ni l’arcade, ni l’arcature, les Byzantins se trouvent devant un probleme nouveau.
Estimant que le chapiteau recevait mal sur son tailloir carré la retombée des arcs, ils posérent entre l’arc et le chapiteau une sorte de coussinet ou d’imposte en forme de pyramide renversée. Ce coussinet n’était, en somme, qu’un fragment d’architrave et
LA SCULPTURE ORNEMENTALE Pitts
Chapiteau a coussinet sculpté au trépan Eglise Saint-Vital, 4 Ravenne (Italie).
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pour que ce membre d’architecture parasite ne soit pas trop choquant, les Byzantins l’ornérent de sculptures (Pl. V). Ce chapiteau eut une grande vogue jusqu’au Vie siécle. Bient6t on se rendit compte que ce coussinet
ou imposte était désagréable a voir et que la seule
Trig. 21. — Chapiteau-imposte. Constantinople, Sainte-Sophie.
forme logique a lui donner était celle du tailloir du chapiteau et on créa le chapiteau-imposte dont on trouve des exemples 4 Saints-Serge-et-Bacchus, a Constantinople, a Saint-Démétrius, 4 Salonique. Un des exemples les plus heureux se rencontre dans les colonnes trapues des galeries du premier étage de Sainte-Sophie, a Constantinople (fig. 24). L’imposte ou coussinet n’a plus la forme d’une pyramide renversée ; elle est comme soudée au tailloir du chapiteau : ce n’est en réalité qu’un tailloir plus élevé. Il y a la une réminiscence des chapiteaux persans de l’époque sassanide, mais le parti est bien différent.