A SCULPTURE ORNEMENTALE
Du chapiteau antique corinthien, les Byzantins ont tiré le chapiteau théodosien; son nom vient de l’empereur Théodose II, peintre et sculpteur. Ce chapiteau est orné de deux rangs de huit feuilles d’acanthe. Parfois c’est l’acanthe romaine molle, mais plus souvent encore c’est l’acanthe épineuse dont les feuilles sont den-
Fig. 25, Chapiteau théodosien, a Saint-Marc de Venise.
telées et grasses. On reconnait surtout le chapiteau théodosien a la rangée de petites feuilles droites d’acanthe molle qui se dressent entre les volutes (fig. 25), tandis que dans le chapiteau corinthien ce sont des oves. On rencontre ce chapiteau a Constantinople (Basilique Saint-Jean du Stoudion, Réservoir Jéré-batan Serai), a Salonique (Saint-Démétrius, Eski-Djouma), en Italie (Parengo).
Blanc et noir. — On pourrait appeler gravure sur pierre la sculpture ornementale byzantine qui est obtenue par le trépan ou fouillée sans aucun modelé. Cette sorte de broderie sans mouluration est, par conséquent, sans effets d’ombre et de lumiére ; mais en incisant la matiére assez profondément pour que les feuilles d’acanthe se détachent en blanc sur le fond noir, on obtient un effet blanc et noir comme on peut le voir au-dessus des arcades de la nef de Sainte-Sophie de Constantinople (Pl. VI). On pourrait faire un rap-
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Fig. 26. — Chapiteau a Sainte-Sophie de Constantinople.
prochement entre cette décoration et celle de 1’Alhambra de Grenade (XIII° siécle) ; toutes deux ont une origine orientale certaine, mais la décoration de Sainte- Sophie est inspirée des ruines de Mschatta (V° siécle), qui se trouvent entre la Syrie et la Perse. La technique décorative dans ces deux édifices est la méme. La sculpture des chapiteaux de l’arcade de Sainte-Sophie (fig. 26) dérive du méme procédé : leurs cubes sont eenveloppés dans des feuilles d’acanthe profondément refouillées et sans aucun relief ; il semblerait qu’une sorte de broderie a été appliquée sur les formes. Dans ces chapiteaux, comme dans la décoration des arcades, des cabochons viennent heureusement animer ce décor méplat.
LA SCULPTURE ORNEMENTALE ae, Wall
Arcades d’un exédre de Sainte-Sophie, a Constantinople (ve siécle). Décoration sculptée au trépan donnant l’impression d’une broderie ou d’une gravure sur pierre produisant un effet en ‘* blane et noir’ rappelant les arcades musulinanes
de l’Alhambra de Grenade (x111¢ siécle).
Eléments caractéristiques. — On rencontre dans le répertoire ornemental de l’art byzantin un certain nombre de motifs décoratifs que les artistes ont affectionnés plus particuliérement. Ce sont d’abord les éléments géométriques : losanges, grecques
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Fig. 27. —- Eléments géométriques, Plaque de chancel, a Saint-Apollinaire-Neuf de Ravenne.
(fig. 27), cercles ornés d’une rosace (fig. 28) ou d’une croix (fig. 27). Les tresses imitant les travaux de vannerie sont fréquentes ; plusieurs chapiteaux de Saint- Vital, a Ravenne, sont décorés de cette facon. Les entrelacs sont également trés répandus de méme que les rinceaux de vigne.
Un motif extrémement fréquent consiste en un
ELEMENTS CARACTERISTIOUES 39 vase d’ot sortent deux tiges de pampre qui, souvent, s’étalent et couvrent tout un panneau ou des animaux s’ébattent. La traverse inférieure de la chaire de Saint- Maximien, a Ravenne (Pl. VII), en est un exemple. Un motif emprunté 4 la Perse sassanide consiste en
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Fig. 28. — Animaux affrontés. Parapet. Cathédrale de Torcello.
deux animaux affrontés de chaque coté d’un vase (fig. 28), d’une croix ou de l’arbre sacré (hom persan). Ces animaux sont trés souvent des paons (fig. 28), des lions (PI. VII) ou des cerfs, des colombes, des canards, des monstres fabuleux. Mentionnons enfin les motifs de passementerie : galons nattés, lacis, etc., trés fréquents en Arménie, Serbie, Russie.