CHAPITRE VII
LA MOSAIQUE
Technique et Caractéres généraux.— On sait que la mosaique consiste dans un assemblage de petits cubes émaillés retenus par un ciment. On commence par enduire le mur d’un ciment formé de marbre pilé et de chaux ; sur cet enduit on pose un second enduit de ciment plus fin et destiné a recevoir les cubes d’émail toujours taillés en biseau pour mieux adhérer. Ces cubes sont colorés par des oxydes métalliques qu’on mélange a la pate de verre, sauf pour les cubes dorés ou argentés ; ceux-ci sont recouverts d’une mince feuille d’or ou d’argent puis d’une mince couche de verre. Les Byzantins ont fort bien compris le rdle de la mosaique qui n’est pas celui de la peinture. Destinée a étre vue a une certaine distance, la mosaique n’ a pas besoin de nuances et de tons dégradés. Sa coloration doit étre franche ; aussi les tons employés sont-ils parfois d’une intensité inconnue des peintres. I] faut beaucoup de doigté pour arriver avec la mosaique a un résultat satisfaisant ; les tons éclatants doivent étre employés avec discrétion et il faut tenir compte des reflets métalliques. Le fond joue un role primordial et les mosaistes ont a tenir compte de |’éclairage ; c’est ainsi que le fond bleu s’accommode de n’importe quel éclairage, tandis que le fond d’or ne doit jamais recevoir un jour direct.
Les Romains avaient connu la mosaique avant les Byzantins, mais ils l’avaient souvent employée comme pavement en recouvrant souvent le sol de grandes scenes historiques ou d’allégories familiéres. Ces mosaiques sont parfois exécutées avec une habileté merveilleuse comme les fameuses colombes du Musée du Capitole, 4a Rome, mais elles présentent le grave inconvenient d’imiter la peinture. Le mérite des Byzan-