‹ L'art Byzantin: La grammaire des stylesChapitre 20 sur 26 · LES TISSUS · texte numérisé non relu

LES TISSUS

En introduisant dans l’Empire la culture des vers a soie au VIe siécle, l’?empereur Justinien donna un nouvel essor a l’industrie du tissu de soie ; auparavant on traitait la soie brute qu’on recevait de Chine.

Jamais peut-étre le luxe des costumes ne fut aussi grand que pendant la période byzantine ; les mosaiques représentant la cour de Byzance en témoignent. Les ateliers impériaux de Constantinople ne travaillaient que pour les personnages de la cour et en avaient le monopole ; ils fabriquaient aussi de grandes piéces destinées a revétir les murs du palais impérial aux jours de féte.

Les couleurs les plus fréquemment employées étaient la pourpre, le violet, le rouge rehaussé de fils d’or. Quant aux sujets, ils comprenaient les combats de cirque ou les courses de chars, les scenes religieuses et enfin les personnages ou animaux affrontés parfois de chaque cété de l’arbre sacré persan (fig. 35). Chose curieuse, alors que l’élément grec se rencontre a cété de 1’élément oriental dans toutes les branches de l’art byzantin, dans les tissus tout est oriental : composition et exécution. Parmi les plus belles piéces qui nous soient parvenues, nous citerons tout d’abord le tissu dit « aux éléphants » (fig. 36), trouvé dans la chasse de Charlemagne, a Aix-la-Chapelle. Sur un fond pourpre décoré d’ornements verts et jaunes, des éléphants jaunes, harnachés en bleu, sont inscrits dans des médaillons. Une piéce trés remarquable est celle qui représente la glorification d’un empereur (fig. 34) et qui est conservée a la cathédrale de Bamberg. Le trésor de Saint-Marc, a Venise, posséde deux beaux tissus du XII° siécle. Le manteau de Charlemagne conserve a la cathédrale de Metz, le suaire de saint Victor (VI° siecle) de la cathédrale de Sens, méritent l’attention.

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