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L'art chinois

Je vous offre ce volume, mon cher ami, en témoignage de mon affectueux dévouement, — en souvenir de nos longues causeries à travers les rues de Pékin, sur les bords du Peï-lio, sur les routes de Corée.

Novembre 18S7.

SoGO^l

in 2009 with funding from

University of Ottawa

http://www.archive.org/details/lartchinoisOOpale

PRÉFACE

Dans un temps où la critique a porté ses efforts sur des sujets si variés et par des voies si diverses qu'elle semble n'avoir rien laissé d'inexploré dans le domaine des connaissances accessibles, l'art chinois a eu la singulière fortune d'échapper à toute recherche. Parmi tant d'excellents travaux où l'on s'est proposé d'assigner à la civilisation de l'Empire du Milieu sa place dans l'histoire du monde et de déterminer sa signification dans le développement de l'humanité, il n'en est pas un qui présente sur les manifestations esthétiques du génie chinois des idées générales ni des vues particulières. Une longue suite d'œuvres, d'une inspiration puissante ou délicate, ont été créées; — des générations d'artistes doués d'une manière originale de penser et de sentir, émus d'une façon particulière aux spectacles de la nature et de la vie, se sont succédé; — tout un monde de formes gracieuses ou grandioses a été évoqué, pendant près de quarante siècles,

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et l'histoire n'en est même pas encore ébauchée. Ni l'architecture, ni la sculpture, ni la peinture, ni ces arts qu'on est convenu d'appeler secondaires, n'ont été l'objet d'une étude d'ensemble ou de recherches spéciales. Seule, la céramique, dont les produits ont depuis longtemps accaparé la curiosité européenne, a donné lieu à des monographies complètes.

Entrepris dans de pareilles conditions, le présent ouvrage est nécessairement condamné à plus d'une erreur, à plus d'une lacune. Il me faut donc faire appel dès maintenant à l'indulgence du lecteur. Je ne me suis proposé d'ailleurs que de réunir le plus grand nombre de faits possible, de les contrôler, de les classer et de tirer de leur groupement les premières conséquences : je voudrais avoir tracé de l'art chinois et de son histoire une esquisse que quelque personne plus autorisée reprendrait plus tard. C'est la seule ambition qui m'ait tenté.

Ce livre pourra paraître fort incomplet à un certain point de vue. Ce n'est pas, en effet, un manuel du collectionneur. Il m'a semblé plus intéressant d'étudier l'art chinois dans ses grandes lignes, d'en montrer les caractères généraux, d'en marquer les progrès et les transformations, et d'en définir les styles. Je n'ai donc indiqué que som-

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mairement les procédés qui permettent de contrôler l'authenticité d'un objet et d'en déchiffrer les marques. De parti pris aussi, j'ai laissé hors de mon étude tous les objets qui — pour précieux qu'ils pussent être aux yeux des collectionneurs — présentaient un intérêt de curiosité et non une valeur d'art.

Je m.e suis servi, à la fois, des notes que j'avais prises à Pékin et des documents bibliographiques dont on trouvera la mention dans le cours de l'ouvrage. Les collections particulières qui m'ont été ouvertes à Paris m'ont fourni aussi de très précieux éléments d'étude et ont complété ou rectifié, sur bien des points, mes souvenirs de voyage. MM. L. Gonse, S. Bing, H. Cernuschi, R. de Semallé et M. Gentien voudront bien trouver ici l'expression de ma gratitude pour l'empressement avec lequel ils ont mis à ma disposition les spécimens d'art chinois réunis par leurs soins.

Je priverais cet ouvrage de sa plus sérieuse recommandation si je ne témoignais du concours obligeant que m'ont prêté MM. G. Deveria, secrétaire-interprète du Ministère des affaires étrangères, et A. Vissière, premier interprète de la Légation de France à Pékin. Leur expérience m'a été d'un grand profit, particulièrement pour l'indication

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et la critique des sources, pour la traduction des textes et le déchilîrement des inscriptions. Je dois, en outre, à M. G. Deveria la communication d'études historiques encore inédites où j'ai puisé d'intéressants renseignements, et d'un important dossier de notes qui m'a fourni la trame même du chapitre consacré à l'histoire de la peinture.

LE BRONZE

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