‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 12 sur 107 · I. Cf. E. Burnouf et Lassen, Essai sur le pâli, ch · texte numérisé non relu

I. Cf. E. Burnouf et Lassen, Essai sur le pâli, ch

+t L'ART CHINOIS.

scriptions gravées sur les documents iconographiques qui leur parvinrent dans le même temps étaient de la même écriture. Mais, dès le début du n'' siècle, les ouvrages sanscrits affluèrent, et Pétude du pâli fut complètement abandonnée.

Si quelques bronzes portent encore des inscriptions en cette dernière langue, on peut donc les considérer comme les plus anciens spécimens de Fart bouddhique en Chine, ou tout au moins comme la reproduction d'œuvres remontant aux ii" ou ni® siècles.

L'écriture sanscrite a fourni aux artistes bronziers de très heureux motifs de décoration, moins riches et moins entrelacés que les caractères arabes, mais se prêtant tout aussi bien aux courbes d'un vase, aux lobes d'une coupe, au modelé d'un brûle-parfums. Le sens de ces inscriptions est généralement une prière, ou quelque formule d'incantation.

2° Une série de figures symboliques, spéciales au bouddhisme, permet encore de reconnaître aisément les objets qui relèvent de ce culte et de son inspiration.

La plus fréquemment employée est le lotus, lienlioa, la fleur sacrée, celle dont l'empreinte est gravée sous le pied du Bouddha. On la rencontre partout; elle s'enroule sur le col des vases et la tige des flambeaux, elle s'épanouit sur les parois des brûle-parfums, elle tapisse le socle des statues, elle entr'ouvre son large calice dans la main du divin Çakya.

Le lotus est généralement entouré de sept autres emblèmes, qui sont : la cloche, tchong, — la coquille

LE BRONZE

univalve, lo, — le parasol, san, — le baldaquin, h-ai, — le vase à couvercle, koiian, — les deux poissons, j^îi, et enfin le nœud, tchang.

On trouve presque aussi souvent les feuilles du figuier [pippala. ficus religiosa] : c'est Parbre sacré de Bodhimanda, . sous les branches duquel Çakya-Mouni demeura tout un jour et toute une nuit en méditation, au sortir de sa retraite d'Ourou vil va.

Quand l'aurore parut, il sentit qu'il revêtait la qualité de Bouddha accompli et qu'il atteignait

« l'intelligence parfaite et la triple science », Cet arbre, qui exista réellement, fut pendant de longs siècles l'objet de la vénération des fidèles, et Hiouen-Thsang,

VASE DE BRC.NZi:.— XV<^ SIECLE.

H., o'",ss.

(Collection de ^[. H. Cernusclii.)

le pèlerin chinois, qui vovagca dans Flnde en Tan 632 de notre ère, affirme en avoir vu les restes.

Lepabiiier, pci-to {en sanscrit patra, borassus /labelliformis], qui, d'après la légende hindoue, ne perd jamais ses feuilles, est également d'une reproduction fréquente. Il serait trop long de donner la liste complète de toutes les espèces végétales qui se trouvent figurées sur les objets bouddhiques et que Tartiste a tantôt copiées fidèlement, tantôt ornemanisées. Signalons encore les feuilles triangulaires de Parbre fabuleux appelé le tchan-pou (en sanscrit djambii], — les baies parfumées du Nj'ctanthes , mo-li (en sanscrit mallika] et les fleurs luxuriantes du man-fo-lo [Erythrina fui gens, en sanscrit mandârà\.

L'animal symbolique par excellence du bouddhisme est Véléphant, qui est Tattribut des boddhisatvas, c'est-à-dire des êtres qui n'ont plus à traverser qu'une seule existence humaine avant d'arriver à l'état de bouddha.

Le lion de Fo [che-tse] participe autant de l'art indien que de l'art chinois qui a imaginé les monstres primitifs. La face de l'animal est grimaçante, la gueule entr'ouverte laisse voir des crocs aigus, la crinière enveloppe tout le sommet de la tête et est frisée. La bête est généralement représentée assise sur son train de derrière, dressée sur ses pattes de devant. On la place à l'entrée des temples et des palais.

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