‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 16 sur 107 · LA DEESSE KOUAN-YIN · texte numérisé non relu

LA DEESSE KOUAN-YIN

dans cette attitude. Il tient la (Collection de m main droite haute et deux

H. Cernuschi.)

doigts levés, dans le geste d'un prêtre qui donne la bé-

jo L'ART CHINOIS.

nédiction. Ses yeux, sous Tarcade sourcilière très avancée, sont à demi clos; la physionomie est noble, recueillie; elle a la sérénité calme d'une âme supérieure aux agitations humaines. La dimension des statues de Fo est très variable : elles ne mesurent parfois que i5 à 20 centimètres lorsqu'elles sont destinées à des autels domestiques; elles atteignent 14 et i5 mètres lorsqu'elles décorent des édifices religieux. Il n'existe pas en Chine, à notre connaissance du moins, de statues de bronze du Bouddha qui soient comparables, pour les proportions, à celle du temple de Nara, au Japon, qui n'a pas moins de 26 mètres d'élévation.

Si les Chinois n'ont pas cherché à augmenter l'effet imposant de leurs idoles bouddhiques par l'exagération des dimensions, du moins ils semblent s'être proposé le même but en les recouvrant d'or. Cette habitude de dorer les statues devint générale vers le viii*^ siècle, et les adversaires du bouddhisme en firent même un griet aux bonzes, les accusant de gaspiller ainsi les fortunes des particuliers et le trésor de l'État.

En dehors du Bouddha lui-même , les artistes chinois n'ont su reproduire qu'un type qui procédât d'une inspiration aussi élevée et qui participât encore à la beauté de ses formes comme à la noblesse de son expression, — c'est celui de la déesse Kouan-yin.

C'est une Boddhisatva, déesse de la Miséricorde : elle a une pitié inépuisable pour l'humanité qu'elle voudrait sauver ; elle est la figure la plus touchante, la plus gracieuse du panthéon bouddhique, celle qui a le mieux inspiré ses peintres et ses sculpteurs.

LE BRONZE

On la représente sous les traits et avec les vêtements d'une femme (p. 49), mais elle peut prendre aussi bien la forme masculine. Parfois elle tient contre son sein un enlant. Souvent aussi elle a seize bras qui symbolisent son désir 'ardent de secourir toutes les misères humaines.

Bien que certaines statuettes de Kouan-yin soient remarquables par la grâce du style et la chasteté de l'expression , bien que quelques-unes d'entre elles soient même comparables , pour le charme mélancolique et la piété virginale de la physionomie, à telle œuvre de Donatello ou de Ghiberti, ce n'est pas à la statuaire que nous demanderons le type le plus accompli de cette déesse : la peinture nous en fournira un modèle où nous mesurerons le [plus haut point qu'ait pu atteindre un artiste d'extrême Orient dans l'expression synthétique d'un sentiment humain.

Page 1